Un SIDA "essentiellement rural" en raison de l'exode

Niamey- Niger (PANA) -- Le VIH/SIDA se propage à un rythme alarmant aussi bien dans les zones urbaines que rurales, mais particulièrement en milieu rural à tel point qu'on est tenté de parler d'un SIDA "essentiellement rural" dans les contrées de l'Ader (centre du pays) en raison du phénomène de l'exode, affirme le quotidien nigérien "Le Sahel".
Selon le journal, qui cite un médecin de l'hôpital de Tahoua (700 km au nord de Niamey) un malade sur trois admis en médecine générale, est soupçonné d'être porteur de virus du SIDA, et cela se révèle vrai dans 90 pour cent des cas.
"Le Sahel" explique que dans le département de Tahoua en particulier, les personnes qui propagent la pandémie sont dans une large mesure celles qui ont émigré vers les pays côtiers à la recherche d'un hypothétique gagne-pain.
"Au cours de leur séjour, ils ne manquent pas de se livrer au plaisir de la chair, sans protection.
Lorsqu'ils reviennent au pays, les poches contenant quelques billets de banque et les valises pleines de pacotilles, ils sont satisfaits de leur voyage, loin certainement de se douter que dans leur organisme, ils ont ramené l'agent causal d'un mal incurable jusqu'à présent : le virus du SIDA", souligne le quotidien.
Les premières personnes contaminées, ce seront sans aucun doute leurs épouses ainsi que les filles et femmes libres qui ne manqueront pas de passer dans leur lit, précise le journal.
Selon les résultats d'une enquête dont fait écho "Le Sahel", dans les zones rurales de Tahoua, le taux de séroprévalence chez les femmes enceintes est le plus fort du pays (1,4 pour cent, contre 1,1 pour cent pour la ville de Niamey).
A l'hôpital de Tahoua, comme à celui privé de Galmi (tenu par des missionnaires, 400 km à l'est de Niamey), tous les hommes malades de SIDA ont effectué au moins un séjour à l'étranger.
"Dans certaines contrées de l'Ader, à certaines périodes de l'année, vous pouvez pénétrer dans des villages où la population est presque essentiellement composée de femmes et d'enfants.
Où sont les hommes ? Partis en exode", rapporte "Le Sahel".
Interrogées par le journal, certaines femmes jugent sévèrement les hommes, leurs maris qu'elles accusent d'aller cafouiller par-ci, par-là, une fois qu'ils ont le dos tourné au village, au pays, loin des gens qui les connaissent.
"Il y a de quoi émouvoir les femmes, car au village, si jamais on soupçonne que le mari d'une telle est mort de SIDA, elles risquent de ne plus pouvoir se remarier.
Personne ne voudra plus d'elles et elles seront même considérées comme des parias de la communauté", témoigne une jeune femme.
Elle affirme qu'il y a beaucoup de femmes dans cette situation.
Certaines d'entre elles préfèrent quitter le village pour aller tenter leur chance ailleurs avec tous les risques de contamination de leurs futurs partenaires.
Au Niger, environ un millier de nouveaux cas de SIDA ont été recensés au 31 décembre 2000, soit un total de 5.
600 cas, selon le Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS).
En 1999, le cumul était de 4584 cas, dont 56 pour cent pour la seule ville de Niamey, la capitale, précise-t-on de même source.
86 pour cent des malades appartiennent au groupe d'âge compris entre 20 et 49 ans.
Avec 5.
600 cas détectés aujourd'hui, la situation est inquiétante, indique-t-on au ministère nigérien de la Santé où on indique également que cette situation n'est que la partie visible de l'iceberg.
En 1997, l'ONUSIDA et l'OMS ont fait des estimations selon lesquelles le Niger comptait 27.
000 personnes infectées et 20.
000 orphelins du SIDA.

26 septembre 2001 23:02:00




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