Turabi fustige l'accord de paix du Darfour signé à Abuja

Khartoum- Soudan (PANA) -- Le leader du Congrès populaire national du Soudan (CNP, opposition), Hassan Abdellah al-Turabi, a fustigé l'accord de paix du Darfour qui n'a pas pris en compte, selon lui, la souffrance des populations du Darfour depuis le régime colonial britannique, la pauvreté, la sécheresse et le pillage des ressources.
Selon toujours le controversé leader politique, les dirigeants du Mouvement pour la libération du Soudan (MLS) ont été contraints de signer l'accord sous peine d'être poursuivis en justice.
"Les pays africains et arabes ont été également mis à contribution pour faire signer ce groupe rebelle", a déclaré Turabi samedi.
Parmi ces pays, il y a la Libye qui menaçait de couper l'assistance aux parties qui refuseraient de signer l'accord.
Il a indiqué que les pressions exercées sur les signataires lui ont été confirmées par certains responsables.
Il a accusé les USA de mettre l'accent sur la position de leurs soldats plutôt que de discuter des véritables maux auxquels les Darfouriens sont confrontés.
Le gouvernement soudanais a signé l'accord de paix de 85 pages avec les rebelles du Mouvement pour la libération du Soudan (MLS) conduit par Minni Arkou Minawi, mais rejeté par l'autre faction rivale.
Le leader de l'autre faction du MLS, Abdelwahed Mohamed al-Nur, a jusqu'ici refusé d'endosser l'accord signé par la faction rivale dirigée par Minawi et le gouvernement soudanais pour mettre un terme à trois ans de bain de sang.
En plus des exigences de M.
Minawi, Al-Nur réclame le poste de vice-président pour le Darfour et demande l'introduction de langues indigènes et de dialectes dans le programme scolaire de la région.
Il a adressé une lettre aux médiateurs de l'Union africaine (UA) mercredi dernier pour demander la réouverture des négociations avec le gouvernement de Khartoum, promettant de signer l'accord si ses exigences sont satisfaites.
Un autre groupe rebelle, le Mouvement pour l'égalité et la justice (MEJ), dirigé par Khalil Ibrahim, a lui aussi dénoncé l'accord, estimant que leurs préoccupations n'ont pas été prises en compte dans le document.
L'accord stipule que les Djandjawids doivent être désarmés d'ici à mi-octobre 2006 sans entrer dans les détails.
Les parties concernées doivent s'accorder sur les aspects techniques, mais il semble que les groupes rebelles ne font pas confiance au gouvernement soudanais et demandent la participation de la communauté internationale.
Pour ce qui est du partage du pouvoir, les rebelles ont déclaré que les postes qui leur sont attribués dans le gouvernement fédéral sont insignifiants.

14 mai 2006 15:54:00




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