Tunisie : Le Sommet de l'UA va-t-il concrétiser une volonté commune et des mécanismes efficaces contre la corruption ? (Analyse)

Tunis, Tunisie (PANA) - La Tunisie prend part aux réunions préparatoires du 30ème Sommet de l'Union africaine (UE) à Addis-Abeba, en Ethiopie au moment où la diplomatie tunisienne s'active pour davantage s'ouvrir aux pays africains au Sud du Sahara et pour s'intégrer plus dans l'économie du continent, notent les observateurs à Tunis.

Les réunions préparatoires de la 35ème session ordinaires des délégués permanents se sont tenues, les 22 et 23 janvier derniers, et la 32ème session du Conseil exécutif au niveau des ministres des Affaires étrangères, les 25 et 26 janvier suivies de la 30ème session au Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement prévue, les 28 et 29 du même mois.

Le Sommet de cette année est axé sur le thème : ''Remporter la lutte contre la corruption : une voie durable pour la transformation de l'Afrique'', signale-t-on.

Thabo Mbeki, chef du groupe de haut niveau de l’Union africaine sur les flux financiers illicites (FFI) a estimé que l'Afrique perd entre 50 et 60 milliards de dollars par an du fait des transactions illégales.

La lutte contre la corruption n'émane pas de la volonté propre du continent, mais est consécutive de la pression extérieure et des menaces des organisations internationales, ainsi que des pays donateurs de mettre fin aux aides et de sanctionner les gouvernements corrompus et gaspilleurs des fonds publics.

Ces pays donateurs exercent des pressions pour la lutte contre la corruption et le blanchiment d'argent, de peur de voir ces capitaux tomber entre les mains des groupes ''terroristes".

Mais, en même temps, selon les observateurs, on ne peut pas nier aujourd'hui que l'opinion africaine est, de plus en plus, consciente de la nécessité de lutter contre la corruption, principal obstacle au développement et premier responsable de l'image ternie du continent.

Incarnant cette conscience, le nouveau président du Liberia, George Weah s'est engagé, dans le premier discours prononcé après sa victoire à l'élection présidentielle, à éradiquer la corruption, affirmant que ceux qui veulent trahir le peuple libérien à travers la corruption n'ont pas leur place dans son gouvernement.

Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed a, pour sa part, mené une campagne contre la corruption, affirmant que ''la place des corrompus est en prison'' et que la poursuite judiciaire touchera tous les corrompus sans distinction d'appartenance politique.

Le Parlement tunisien avait adopté en 2017 la loi fondamentale relative à la bonne gouvernance et à la lutte contre la corruption et le projet de la loi fondamentale, le 16 novembre 2016, approuvant l'accord arabe pour la lutte contre la corruption.

Il est vrai que la mission pour faire face à la prolifération de la corruption est plus difficile que la lutte contre le terrorisme, selon le Premier ministre tunisien surtout si l'on prend en compte les visées étrangères pour les ressources du continent et les puissants lobbies internationaux en interconnections avec leurs partenaires répandus dans les pays africains.

Mais le plus important est que le Sommet ne noie pas la lutte contre la corruption dans les nombreux dossiers aussi prioritaires, car la question nécessite la création de mécanismes pour son éradication et empêcher l'impunité qui sévit dans le milieu tout en renforçant la coopération et la coordination entre les pays membres de l'Union afin d'éviter que les textes qui seront adoptés par le Sommet ne connaissent le même sort réservé à l'accord adopté en 2003 par l'Union africaine, notent les observateurs.

-0- PANA YY/IN/IS 25janv2018

25 janvier 2018 13:36:24




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