Tunisie : L'ONU et d'autres organisations pressent le gouvernement pour réinstaller les ''terroristes'' de retour des foyers de tension

Tunis, Tunisie (PANA) - L'Organisation des Nations Unies, des bailleurs de fonds et des organisations de défense des droits de l'Homme exercent une pression sur plusieurs pays dont la Tunisie pour les amener à réinstaller les ''terroristes'' de retour des régions de guerre et leur offrir des opportunités de vie meilleure comme le travail, a révélé lors d'une séance d'audition du Parlement tunisien, la chercheuse de l'Institut tunisien des Etudes stratégiques, Amina Ben Arabe.

Face aux moyens limités dont elle dispose et la hausse du taux de chômage, la Tunisie avait adopté une position claire à ce sujet, affirmant que cette solution était impossible, a-t-elle dit.

Le retour massif des combattants tunisiens qui avaient rejoint depuis 2011 les groupes ''terroristes'' en Irak, en Syrie et en Libye, suscite un vif débat dans les milieux politiques.

Si de nombreux Tunisiens s'opposent fortement au retour de ces personnes qui, à leurs yeux, représentent un danger sur la sécurité du pays pour avoir agi de manière illégale, commis de pires crimes et de mener des destructions dans les foyers de tension, d'autres, en revanche, estiment qu'il faut les intégrer dans la société.

Parmi les défenseurs de cette dernière position le mouvement Ennahdha, d'obédience islamiste qui a fait la promotion d'une loi intitulée ''repentance et réconciliation'' pour les extrémistes s'ils acceptent d'abandonner leurs pensées et dogmes.

Des députés tunisiens avaient accusé directement Ennehdha d'avoir fait voyager, de 2011 à 2014, des milliers de jeunes Tunisiens pour la Syrie, mais le mouvement a réfuté ces accusations.

Réagissant, à cet égard, la centrale syndicale, Union générale tunisienne du travail, a qualifié du plus ''grand crime'', enregistré en Tunisie pendant cette décennie le fait d'envoyer des jeunes pour se battre en Irak, en Syrie et en Libye, ajoutant que cela est aussi un crime international contre les peuples arabes.

L'ancien ministre tunisien de l'Intérieur, Hédi Majdoub, avait indiqué lors d'une séance organisée par la commission d'enquête parlementaire, le 21 avril 2017, sur les réseaux de voyage vers les foyers de tension, qu'environ 3.000 ''terroristes'' tunisiens se trouvaient dans ces foyers, contre 6.000 pour des sources internationales dont 60% en Syrie et 30% en Libye et le reste dans différentes régions.

Il avait aussi révélé que 27.371 personnes ont été empêchées, depuis 2013 de voyager vers les foyers de tension, ajoutant que 800 ''terroristes'' sont revenus en Tunisie dont 190 emprisonnés, 137 placés en résidence surveillée et 55 tués lors des combats avec les forces de sécurité tunisienne, le reste est sous surveillance sécuritaire, alors que 760 autres ''terroristes'' sont morts dans des combats dans les foyers de tension.
-0- PANA YY/IN/ISIBA 24juil2018


24 july 2018 16:43:31




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