Trop de protocoles ne sont pas ratifiés par les Etats de l’UA

Banjul- Gambie (PANA) – Près d’une douzaine de pr-otocoles importants pour le devenir du continent africain ne sont pas entrés en vigueur faute d’avoir été ratifiés par un nombre suffisant de pays, a révélé samedi à Banjul, le président de la Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré, à l’ouverture du VIIème sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation panafricaine.
Ces protocoles couvrent des domaines variés, portant sur la paix et la sécurité, les droits de l’homme, la corruption et l’impunité, les femmes, le terrorisme etc.
Certains d’entre eux ont été ratifiés par un nombre infime de pays africains comme celui portant sur le terrorisme qui a reçu la caution d’un seul Etat.
Le protocole portant sur le pacte de non agression n’a été ratifié que par deux Etats.
Abordant la question centrale des Etats-Unis d’Afrique portée à l’attention des chefs d’Etat et de gouvernement, le président de la Commission de l’Union africaine a souligné que les Etats africains n’ont d’autres choix que de créer cette entité africaine, ajoutant que "toute autre tergiversation causerait des dommages importants à nos peuples".
De même, fait-il observer, "on ne saurait aller vers l’intégration régionale s’il n’est pas défini des domaines de souveraineté bien précis".
Pour M.
Konaré, il faut rompre avec la cacophonie et s’engager résolument vers l’instauration d’une véritable intégration qui transcende les positions chauvinistes à travers une régionalisation qui épouse parfois les contours d’un "nationalisme régional dangereux pour le continent".
Le fait que des Etats se regroupent en entité régionale pour défendre des positions aux antipodes des idéaux d'intégration n'est sans doute pas étranger à cette déclaration de M.
Konaré.
Pour lui, il faut que les entités régionales disposent de pouvoirs de souveraineté dans certains domaines précis, a dit exhorté les dirigeants du continent à dépasser le statuts de secrétariat des organes communautaires pour aller vers des unions exécutives.
Il a, dans le même ordre d'idées, estimé que le débat sur la commission confiné à un rôle de secrétariat ou disposant de pouvoirs de souveraineté dans certains domaines ne peut être évacué, invitant les chefs d’Etat à se prononcer clairement sur cette question.
Par ailleurs M.
Oumar Konaré a invité les Etats africains à développer de nouvelles stratégies pour augmenter l’influence de l’Afrique au niveau des institutions de Bretton Woods.
Au niveau du conseil d’administration du FMI, l’Afrique ne dispose que de 7% des voix.
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Comme s’il voulait annoncer son départ de la Commission de l’Union africaine à la fin de son mandat en 2007, Alpha Oumar Konaré a terminé son discours en déclarant qu’il mettra tout en oeuvre pour transmettre le témoin à son successeur dans de bonnes conditions en 2007.

01 juillet 2006 19:41:00




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