Tony Leon prône une jonction de l'opposition pour faire face à l'ANC

Johannesburg- Afrique du Sud (PANA) -- Le leader du principal parti de l'opposition sud-africaine Democratic Alliance (DA), Tony Leon, a proposé jeudi aux autres formations de l'opposition la création d'une coalition pour le changement en perspective des élections de 2004 en Afrique du Sud.
M.
Leon, qui a invité les différents partis d'opposition à se joindre à sa formation, a révélé que celle-ci est déjà engagée dans le processus de formation d'une coalition pour le changement avec l'Inkatha Freedom Party (IFP) de Mangosuthu Buthelezi, par ailleurs ministre de l'Intérieur du gouvernement de Pretoria.
Il a expliqué que la DA et l'IFP entendent coopérer avec les autres formations politiques intéressées par la formation d'une coalition pour le changement, qui aurait la force de s'opposer au Congrès national africain (ANC, au pouvoir) au niveau national et de co-gouverner aux niveaux provincial et municipal.
"Une coalition pour le changement aurait la force de faire campagne en faveur des changements politiques concernant des questions qui intéressent monsieur tout le monde: l'emploi, la pauvreté, le crime et le VIH/SIDA", a déclaré jeudi M.
Leon à l'occasion d'un déjeuner de collecte de fonds de son parti.
Selon lui, seule une opposition forte qui constitue une menace politique pour le gouvernement de l'ANC pourrait faire pression en faveur de nouvelles politiques et tenir le gouvernement pour responsable, mais aussi créer dans l'arène politique un espace où la voix du peuple serait entendue.
"Nous devons rechercher le pouvoir à des fins précises, et non le pouvoir pour le pouvoir.
Nous devons développer de nouvelles idées et des objectifs concrets", a indiqué Tony Leon.
Soulignant toutefois que la coalition ne serait pas un nouveau parti politique, il a précisé que cette alliance pour le changement permettrait de former un bloc qui aurait une influence réelle sur la politique et ferait reculer l'hégémonie de l'ANC.
Pour M.
Leon, les partis accepteront de gouverner dans la mesure du possible et collaboreront sur les questions et les campagnes clé, tout en évitant d'être en compétition lors des élections.
"Le temps est venu pour chaque parti d'opposition en Afrique du Sud de jouer carte sur table.
Etes-vous prêts à proposer une réelle alternative à l'ANC? Etes-vous prêts à faire partie d'une coalition pour le changement avec la DA et l'IFP?", a-t-il demandé à son auditoire.
M.
Leon, qui a noté que l'ANC contrôle plus des deux tiers des sièges à l'Assemblée nationale -ce qui lui donne donc suffisamment de voix pour amender la Constitution à volonté-, affirme qu'à moins que le parti au pouvoir ne soit bloqué par une coalition pour le changement, l'ANC pourrait unilatéralement décider de donner au président Thabo Mbeki l'occasion de briguer un troisième mandat.
"L'ANC n'a pas encore dit qu'il ne le ferait pas.
Le président Mbeki n'a pas non plus nié qu'il veut un autre mandat", a ajouté M.
Leon.
A titre d'illustration, il a cité l'exemple de la Namibie où le parti au pouvoir, en l'absence d'une opposition forte, a gagné avec un score de 73% les élections de 1994, ce qui lui a permis de changer la Constitution en 1998 pour permettre à Sam Nujoma d'obtenir un troisième mandat.
"Seule une opposition forte peut éviter à l'Afrique du Sud le recul", a dit M.
Leon, faisant noter que le changement en Afrique du Sud ne proviendra pas de l'intérieur de l'ANC.
Selon lui, ce dont le pays a besoin, c'est d'un changement radical qui place de réelles opportunités entre les mains du peuple et l'Afrique du Sud parmi les nations qui gagnent dans le monde.

01 أغسطس 2003 11:47:00




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