Tensions avant la Conférence mondiale contre le racisme

Le Cap- Afrique du Sud (PANA) -- Des manifestations sont prévues jeudi en Afrique du Sud pour protester contre la menace des Etats-Unis de boycotter la prochaine conférence mondiale contre le racisme (CMCR) qui aura lieu du 28 août au 7 septembre.
Le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU), le Parti Communiste sud-africain (SACP) et l'Organisation Civique nationale sud-africaine (SANCO) préparent les manisfestations qui auront lieu aux abords de l'ambassade américaine de Prétoria et au consulat de Durban.
Le secrétaire général du COSATU, Zwelinzima, a confirmé lundi que des piquets se tiendront jeudi dans les deux villes pour rappeller aux Américains qu'aucun pays n'a le monopole de la sagesse.
Les Etats-Unis ont indiqué qu'ils souhaitaient voir la conférence axée sur les moyens de réduire la discrimination et non sur ceux de revisiter des questions telles que celles portant sur Israël, le sionisme et les réparations liées à l'esclavage.
Les négociations portant sur si oui ou non les pays qui ont prospéré grâce à l'esclavage et au colonialisme devraient officiellement présenter leurs excuses pour les souffrances qu'ils ont engendrées - et payer des compensations - ont abouti à une impasse.
La position américaine bénéficie du soutien de plusieurs pays occidentaux, y compris l'Angleterre et le Canada qui pensent qu'il s'agit là d'un sujet qui suscite trop de polémiques et qui est trop complexe pour être abordé à la CMCR de Durban.
Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a approuvé le fait que l'évènement ne devrait pas se concentrer sur le passé.
L'Alliance Démocratique (opposition) a exprimé lundi sa crainte de voir la conférence utilisée dans le but de démolir "l'image d'une nation miracle de l'ère Mandela", dont l'Afrique du Sud jouit encore largement à l'étranger.
L'Afrique du Sud a dû faire preuve d'habileté pour dégager de la conférence toute demande africaine de réparations pour cause d'esclavage et de colonialisme.
"La carte de la responsabilité raciale ne fait pas avancer la réforme des règles du commerce mondial ou la "Nouvelle Initiative de l'Afrique" du président Mbeki.
Le Congrès National Africain (ANC), ayant réussi à supprimer l'élément le plus irréalisable du débat de la conférence, devrait minimiser le reste", a affirmé la porte-parole de AD, Mme Dene Smuts.
Selon elle, la position du COSATU, suivant laquelle aucun pays ne peut dicter aux autres ce qui doit être débattu, est "stupide".
"La détresse du peuple palestinien mérite certainement l'attention, mais pas celle que voudrait lui accorder le bloc arabe", a-t-elle ajouté.
Selon le Conseil juif sud-africain des députés (SAJBD), la CMCR ne devrait pas être récupérée par ceux qui ont leur propre programme.
Le SAJBD a affirmé assister avec inquiétude aux persistantes tentatives de certains lobbies de faire en sorte qu'Israël fasse l'objet d'une condamnation lors de la conférence.
Selon Russel Gaddin, président national du SAJBD, ceux qui appellent à étiqueter Israël comme un Etat raciste seraient des pays antidémocratiques, coupables de discriminations flagrantes à l'égard de diverses minorités à l'intérieur de leur propres frontières.
"Ces débats ont besoin d'explorer la riche tradition de lutte non-raciale qui a été au coeur de la lutte contre le colonialisme et l'apartheid et décisive pour la transition démocratique de l'Afrique du Sud", a dit Smuts Ngonyama, porte- parole de l'ANC.

14 août 2001 12:47:00




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