Dakar- Sénégal (PANA) -- Le Sénégal a atteint un pourcentage de carence en vitamine A évalué à 121 pour mille chez les enfants, a révélé jeudi le chef de la division de l'Alimentation, de la Nutrition et de la Survie de l'enfant (DANSE), Dr Youssoufa Gaye.
"Au Sénégal, ce taux évalué à 121 pour mille justifie amplement des interventions de lutte contre la carence en vitamine A", a indiqué M.
Gaye qui explique qu'une telle déficience diminue la résistance des enfants aux infections, ralentit la croissance et peut entraîner une atteinte de l'œil pouvant aller jusqu'à la cécité.
"Il est établi que lorsque dans un pays, le taux de mortalité chez les enfants âgés de moins de cinq ans est supérieur à 70 pour mille, la carence en vitamine A y constitue un problème de santé publique", a-t-il déclaré en prélude aux Journées locales de supplémentation en vitamine A et déparasitage des enfants prévue du 05 au 30 juin.
Des études ont montré que l'amélioration du statut en vitamine A des enfants de six mois à cinq ans augmente leur chance de survie par la réduction de 25 pour cent de la mortalité attribuable aux maladies infantiles tels que le paludisme, la diarrhée, les infections respiratoires aiguës et la rougeole.
"Il est nécessaire de continuer l'intensification biannuelle de la supplémentation en vitamine A au niveau des districts pour obtenir des couvertures élevées et soutenues chez les enfants de cinq ans", a suggéré M.
Gaye.
Parlant du déparasitage, il a expliqué que "le dépistage est une intervention de santé publique à grand impact nutritionnel basé sur la grande efficacité actuelle des médicaments antihelminthiques".
"Au Sénégal, 84 pour cent des enfants de moins de cinq ans sont anémiés, alors que des expériences ont montré une baisse de 77 pour cent de la prévalence de l'anémie après seulement deux passages de déparasitage intégré aux campagnes nationales de distribution de vitamine A", a-t-il précisé.
Il a ajouté que "l'administration simultanée de la vitamine A et du comprimé de Mebendazole 500 mg chez les enfants de douze à 59 mois est bien tolérée et ne nécessite pas un personnel qualifié".
La campagne sera couplée avec la distribution des moustiquaires imprégnées aux enfants de moins de six ans dans cinq régions choisies par la DANSE et le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).