Suisse : Deux officiels du football condamnés suite à l'affaire de corruption au sein de la FIFA

Zurich, Suisse (PANA) - Juan Angel Napout du Paraguay, ancien patron de la CONMEBOL, l'instance dirigeante du football en Amérique du Sud et l'ancien patron de la fédération brésilienne de football, Maria Marin, ont été condamnés pour des accusations de corruption portées contre eux par des procureurs américains en 2015.

Le communiqué de presse de la FIFA a indiqué samedi, que Marin a été reconnu coupable de six chefs d'accusation parmi lesquels le racket et la conspiration de fraude électronique et de blanchiment d'argent. Le jury l'a blanchi pour un autre chef d'accusation de conspiration relatif au blanchiment d'argent.

Napout a été reconnu coupable de trois chefs d'accusation, parmi lesquels le racket et la conspiration et a été blanchi de deux chefs d'accusation pour conspiration de blanchiment d'argent.

Le jury n'est pas parvenu à un verdict dans l'affaire concernant Manuel Burga, l'ancien président de la fédération péruvienne de football et le juge a indiqué que le juré devrait se prononcer, mardi, pour le délibéré.

Les trois hommes sont les premiers de la liste à comparaître devant les tribunaux suite aux accusations portées contre eux par les procureurs américains en 2015 dans le cadre des enquêtes qui avaient secoué la FIFA.

"Nous sommes évidemment déçus, mais nous allons solliciter la justice pour notre client", a déclaré l'avocat de Marin, Charles Stillman dans un e-mail.

Silvia Pinera-Vazquez, une des avocates de Napout, n'a pas voulu se prononcer, excepté pour exprimer sa déception suite au verdict. L'avocat de Burga n'a pas lui aussi voulu se prononcer.

La FIFA a indiqué dans un communiqué, être la victime des présumées malversations et ''qu'elle prendrait toutes les mesures nécessaires pour solliciter la restitution et le recouvrement de toutes les pertes subies".

Les procureurs américains avaient indexé 42 personnes et entités dans cette affaire dont certaines avaient plaidé coupable. Plusieurs d'entre eux avaient témoigné en faveur des procureurs lors du procès, expliquant la corruption qui avait dépassé les trois mis en cause dans le box des accusés.

Alejandro Burzaco, l'ancien patron de la société de marketing des sports en Argentine, Torneos y Competencias, a déclaré aux jurés avoir payé des pots-de-vin à tous les trois mis en cause pour obtenir des droits de diffusion de matches parmi lesquels ceux de la Copa America et de la Copa Libertadores. Burzaco avait plaidé coupable et avait accepté de coopérer avec les procureurs.

Burzaco avait également indiqué que Fox Sports, Grupo Televisa du Mexique et Globo du Brésil avaient offert des pots-de-vin pour obtenir des droits de retransmission de ces compétitions. Fox et  Globo avaient rejeté ces allégations. Televisa s'est refusé à tout commentaire immédiatement après le témoignage de Burzaco.

Burzaco avait en outre, indiqué que le Qatar avait corrompu des officiels de l'instance dirigeante du football mondial pour obtenir l'organisation de la Coupe du monde FIFA 2022. Hassan Al-Thawadi, secrétaire du Comité suprême d'exécution et du legs du Qatar, (Supreme Committee for Delivery & Legacy), qui est chargé de l'organisation de la Coupe du monde 2022, a rejeté ces allégations.

"C'est juste des rumeurs et il n'y a aucune preuve", a déclaré Al-Thawadi, lors d'une cérémonie publique tenue en novembre après le témoignage de Burzaco. "Nous sommes confiants de l'intégrité de notre candidature".

Santiago Pena, un ancien directeur financier auprès de la société argentine de marketing des sports, Full Play, a présenté au juré une feuille de calculs étayant en détail ses propos en ce qui concerne les paiements effectués en faveur des huit officiels de la CONMEBOL, parmi lesquels, Napout et Burga.

Le procès a été entaché dans sa première semaine de tragédie avec l'annonce par la police argentine du suicide de Jorge Delhon, un ancien avocat du programme du pays Futbol Para Todos (Football Pour Tous), quand il a été cité par Burzaco au cours de son témoignage.

Le lendemain, le juge fédéral, Pamela Chen, le plaça sous résidence surveillée après l'annonce faite par les procureurs des menaces contre Burzaco en lui faisant le mouvement de lui trancher la gorge. Elle a émis des réserves sur la mort de Delhon et a déclaré : "Vous pouvez l'appeler suicide. La vérité est que aucun d'entre nous ne peut l'attester".

L'avocat de Burga, Bruce Udolf, a écarté les menaces prêtées à son client envers Burzaco.
-0- PANA VAO/AR/ASA/IS/SOC 23déc2017

23 décembre 2017 15:58:07




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