Soudan: Le Centre Carter signale des irrégularités au décompte des voix

Dar es-Salaam- Tanzanie (PANA) -- La Commission nationale électorale soudanaise (NEC) devrait complètement revoir les résultats des récentes élections générales et publier les résultats de chacun des bureaux de vote afin d'assurer une plus grande transparence et de gagner la confiance du public, a recommandé le groupe d'observation des élections, le Centre Carter.
Le Centre Carter basé aux Etats-Unis, dans un communiqué transmis mardi à la PANA à Dar es-Salaam, a rapporté que sur la base de ses observations directes, le processus de décompte des voix au Soudan s'était fait de manière chaotique et non transparente.
La NEC a déclaré le président sortant Omar el-Béchir, vainqueur de ces élections, mais le Centre Carter a noté de sérieux dysfonctionnements tels que les violences et l'intimidation dans plusieurs Etats, en particulier ceux de Bahr el-Ghazal au Nord, de Unity et de Western Equatoria.
"En conséquence, le Centre Carter s'inquiète de l'exactitude des résultats provisoires annoncés par la NEC, alors que les procédures et garanties qui avaient pour objectif d'assurer la transparence du scrutin n'ont pas été systématiquement appliquées et dans certaines régions ont même été ignorées", indique le communiqué.
D'après le Centre Carter, une annonce rapide des résultats de tous les bureaux de vote pourrait permettre à toutes les parties concernées de vérifier l'exactitude des chiffres officiels, en levant les doutes sur la crédibilité des résultats.
Bien que le dépouillement se soit généralement déroulé de manière pacifique dans la plupart des régions, l'équipe Carter a souligné que des "incidents graves ont été signalés dans plusieurs Etats".
Dans le Sud du Darfour, 22 personnes sont mortes dans des combats dans la région de Jebel Est, ce qui a interrompu le vote et le dépouillement des bulletins.
Les violences post-électorales dans l'Etat de Unity ont fait trois morts et plusieurs blessés.
Le Centre s'est alarmé de cet incident et a invité les forces de sécurité, les autorités locales, les partis politiques et les candidats à faire preuve de retenue et à respecter les manifestations civiles pacifiques.
Au-delà des cas de violences graves dans le Sud-Darfour et l'Etat de Unity, il y a également eu des cas de détention injustifiée et de mauvais traitement des membres du personnel électoral par les forces de sécurité à Bar el-Ghazal Nord et Western Equatoria.
A Central Equatoria, le vol d'ordinateurs et de listes des résultats par des éléments armés non identifiés est particulièrement préoccupant.
Il est important que les autorités de l'Etat respectent l'Etat de droit et s'assurent que les citoyens, les candidats et le personnel électoral ne soient pas harcelés ou placés illégalement en détention.
En outre, le gouvernement d'unité nationale et le gouvernement du Sud-Soudan ont un rôle important à jouer dans la défense de la sécurité des personnes, selon le groupe d'observateurs.
Depuis que plusieurs partis politiques ont rejeté les résultats ou déclaré qu'ils vont les contester en justice, le Centre Carter a indiqué qu'il était essentiel que la NEC et la Cour suprême nationale agissent de concert pour faciliter ce processus de manière impartiale et conformément aux engagements du Soudan.
Tout en se félicitant de la tenue d'élections nationales au Soudan, le Centre Carter a noté que ce scrutin n'était qu'un volet de la série d'engagements pris dans le cadre de l'Accord de paix global de 2005.
"Dans les mois à venir, il est important que le Soudan s'assure que les failles et les irrégularités des élections de 2010 trouvent une solution afin que les processus électoraux à venir soient améliorés et qu'une transformation démocratique puisse se réaliser", souligne le communiqué de l'organisation.
"Améliorer l'organisation des élections anticipées à Gezira, Kordofan Sud et dans d'autres régions est essentiel.
En outre, les dirigeants soudanais doivent redoubler d'efforts pour tenir les engagements démocratiques pris dans le cadre du CPA", poursuit la même source.
La mission d'observation du Centre Carter était conduite par l'ex-président Jimmy Carter, l'ex-Premier ministre algérien et membre du Conseil des sages Lakhdar Brahimi, l'ex-Premier ministre de la Tanzanie et ministre de la Justice, Sinde Warioba et le Président-directeur général du Centre Carter, le Dr John Hardman.

11 mai 2010 13:43:00




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