Soudan : Œuvrer à la tolérance zéro pour les Mutilations génitales féminines au Soudan (feature)

Khartoum, Soudan (PANA) - Il y a neuf ans, une communauté du Soudan a décidé de suivre les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'abandonner la pratique des Mutilations génitales féminines (MGF).

Depuis lors, l'île de Tuti, une communauté de 21 mille habitants située à la jonction des rivières White Nile et Blue Nile, a été considérée comme un pionnier dans un mouvement de plus en plus important visant à mettre fin aux Mutilations génitales féminines.

Aujourd'hui, plus de mille communautés au Soudan ont abandonné cette pratique qui n'a aucun avantage pour la santé et continue de violer les droits de 200 millions de femmes et filles en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie.

«L'île de Tuti est un exemple éclatant de la manière dont une communauté peut initier et soutenir un effort pour mettre fin à la MGF», a déclaré le Dr Wisal Ahmed, chef d'équipe de l'Unité de la santé des femmes de l'OMS au Soudan. "Nous espérons que les autres communautés qui ont déclaré l'abandon au cours des quatre dernières années peuvent également soutenir le progrès".

Le monde a célébré, mardi, la Journée internationale de tolérance zéro contre les Mutilations génitales féminines (MGF).

Le Soudan a l'un des taux les plus élevés de MGF dans le monde, la plupart des filles subissant cette pratique entre 5 et 9 ans. 87% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été coupées, et la majorité a subi la forme la plus sévère - infibulation - où les parties génitales sont cousues après la coupe, ne laissant qu'une petite ouverture pour l'urine.

Cependant, il y a des indications que la pratique est en baisse chez les jeunes filles, explique le Dr Ahmed. "Seul un tiers des filles âgées de 0 à 14 ans subissent des Mutilations génitales contre 9 filles sur 10 âgées de 15 à 49 ans".

Il y a cinq ans, l'OMS a rejoint le programme de l'UNICEF et du FNUAP en faveur du gouvernement soudanais, intitulé «Le Soudan libéré de l'excision génitale féminine». Dans le cadre de ce programme financé par le Département du développement international du Royaume-Uni, l'OMS s'efforce de renforcer la réponse du secteur de la santé aux mutilations génitales féminines en stoppant la «médicalisation» - lorsque la pratique est réalisée par des sages-femmes et d'autres prestataires de soins.

"Les Mutilations génitales féminines sont une violation des droits de l'Homme violant le code de déontologie de la profession de santé de "ne pas nuire". L'OMS et les agences partenaires des Nations Unies sont opposées à la médicalisation des MGF», a déclaré le Dr Naeema Al-Gaseer, Représentant de l'OMS pour le Soudan.

En collaboration avec le ministère soudanais de la Santé, les écoles de sages-femmes, les associations de professionnels de la santé et les organismes de réglementation, l'OMS veille à ce que les professionnels de la santé respectent les recommandations de sa stratégie mondiale visant à empêcher les Mutilations génitales féminines.

Dans le cadre de la formation pré-licence, tous les paramédicaux et les sages-femmes du pays reçoivent désormais des informations sur les méfaits des MGF.  A ce jour, près de mille professionnels de la santé ont suivi la formation. Et plus de 2.700 professionnels de la santé au Soudan se sont engagés à abandonner les MGF et leur médicalisation.

Utilisant les recommandations de l'OMS sur la prise en charge des MGF, le pays s'efforce également de garantir que les femmes ayant subi une MGF reçoivent les soins, traitements et conseils dont elles ont besoin et ne subissent pas de maltraitance à répétition, surtout après l'accouchement.

L'éducation des jeunes filles sur les dangers des MGF est une autre composante du programme multi-sectoriel. Etant donné que plus de 70% des filles au Soudan fréquentent l'école primaire, l'OMS, en partenariat avec le ministère de l'Education et le ministère de la Santé, a élaboré et intégré le contenu des MGF dans les programmes scolaires. Maintenant, les filles apprennent que les MGF ne sont pas un rite religieux et ont des conséquences négatives importantes sur la santé à court et long termes.
0- PANA MA/MTA/IS/IBA 07fevr2018

07 فبراير 2018 15:59:37




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