Sortir l'agriculture africaine des champs de routine

Accra- Ghana (PANA) -- La situation qui prévaut dans le domaine de l'agriculture africaine tient plutôt de la routine, les scientifiques et chercheurs continuant de produire des rapports bien écrits sur les voies et moyens d'améliorer ce secteur.
Pourtant, l'agriculteur qui vit à des centaines de kilomètres continue de suer sous le soleil, pendant que ces rapports, qui dorment dans les tiroirs, accumulent de la poussière.
Conséquences de cette situation: la faiblesse de la production agricole, la famine, la pauvreté.
Les scientifiques, chercheurs et autres partenaires continuent de se réunir pour dire quelles cultures il convient d'exploiter et où.
L'implication de tous les partenaires améliorera la production, réduira l'incidence de l'agriculture en Afrique et aidera à réaliser l'Objectif du Millénaire pour le Développement relatif à la réduction de la pauvreté de moitié d'ici 2015.
Il s'agit-là d'un objectif majeur pour les partenaires impliqués dans le domaine de l'agriculture, actuellement réunis dans la capitale ghanéenne, Accra, sous les auspices du Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF).
Cet institut a pour objectif d'aider l'agriculteur à contribuer au processus tout entier et à être en situation de définir l'agenda de la recherche.
Il s'agit de faciliter l'acceptation et l'adoption des innovations apportées par la recherche agricole.
La rencontre a pour thème "Approche novatrice et stratégique pour la recherche agricole et Développement en Afrique occidentale et centrale".
"Nous essayons de faire de l'agriculture le véritable moteur de la croissance économique.
.
.
en impliquant tous les partenaires.
.
.
", a déclaré le Dr Marcel Nwalozie, du CORAF, dans un entretien accordé à la PANA.
"Nous mettons en oeuvre, pour l'Afrique, un programme agricole global", a-t-il ajouté.
"Et il importe que nous puissions disposer d'un tel programme détaillé, étant donné que la faim ou la famine, qui ont ravagé plusieurs régions de l'Est et au Nord en passant par le Sud, font partie des pires ennemis de l'Afrique".
En Afrique de l'Ouest et du Centre, il existe quelque 315 personnes, sur lesquelles 70% comptent sur l'agriculture pour leur survie.
Ainsi, la mauvaise gestion du secteur a toujours provoqué des catastrophes.
"La question de savoir si la recherche agricole a réussi à améliorer les moyensde de subsistance de la majorité des personnes, qui vivent et survivent de l'agriculture, devrait être d'une importance cruciale et examinée de manière approfondie", a indiqué le Professeur Emmanuel Owusu-Bennoah, président du CORAF.
Ce point de vue est partagé par M.
Nwalozie, qui estime qu'il faut mettre en place un plan d'action concerté impliquant une large gamme de partenaires, notamment les scientifiques, agriculteurs, agents de vulgarisation, ONG, universités, secteur privé et monde des affaires, qui interviendront dans les domaines de la recherche agricole et du développement.
"Auparavant, les scientifiques produisaient puis touchaient les agriculteurs, mais ce système n'a pas marché", a-t-il noté.
En réalité, c'est cet appui fragmenté consenti à la recherche sur le continent africain que le CORAF tente de coordonner et d'harmoniser en suscitant l'implication d'une plus large gamme de partenaires.
Cette harmonisation, estime l'organisme, sera réalisée par un meilleur appui aux programmes, l'identification d'objectifs communs en matière de planification, la mise en oeuvre de systèmes de gestion financière communs, la mise en commun des ressources et la création d'un fonds alimenté par plusieurs donateurs.
"C'est une démarche novatrice", a affirmé M.
Nwalozie.
"La routine n'a pas fait avancer l'agriculture et nous devons faire appel à un nouveau système pour faire de telle sorte que les agriculteurs, l'industrie, les scientifiques, les industries de transformation de produits alimentaires et autres travaillent ensemble".
LE CORAF a insisté sur le rôle central des populations dans le processus d'innovation et de recherche technologique et dans l'intégration du plan stratégique pour garantir la prise en charge des questions de développement.
L'objectif général était d'améliorer les systèmes de recherche agricole débouchant sur la croissance économique dans le secteur agricole et le recul de la pauvreté et de la faim.
Selon M.
Owusu-Bennoah, le CORAF poursuit l'ambitieux projet d'améliorer la productivité de l'agriculture afin d'atteindre une croissance moyenne de six pour cent, en prêtant une attention toute particulière aux petits agriculteurs, en particulier aux femmes.
Il essaie également de trouver des marchés agricoles dynamiques au sein des pays et entre les régions, d'intégrer les agriculteurs dans l'économie de marché et de faciliter l'accès aux marchés afin que l'Afrique devienne un exportateur net de produits agricoles.
De même, le CORAF tente d'assurer une distribution plus équitable des richesses, de mettre en oeuvre des méthodes de production sans danger pour l'environnement et de se doter d'une culture de la gestion durable des ressources naturelles fondamentales.
A l'heure où les délégués des 22 Etats membres du CORAF poursuivent leurs travaux afin d'échanger des informations, d'atteindre un consensus sur le renforcement des stratégies agricoles et de réduire la pauvreté dans la région, l'on espère que le renoncement à la routine contribuera à dessiner un nouvel avenir pour l'agriculture en Afrique.
Comme l'explique Owusu-Bennoah, le plan stratégique révisé servira de base à la préparation de deux importants programmes de développement, à savoir le Programme d'amélioration de la productivité en Afrique de l'Ouest (WAAPP) et le Programme d'amélioration de la productivité en Afrique centrale (CAAPP).

20 april 2007 16:52:00




xhtml CSS