Sommet de Syrte : l'éveil des Arabes ou l'adhésion à la solution américaine

Par Fadhlouni Aïch- Correspondant de la PANA Syrte , Libye (PANA) -- Les travaux du sommet extraordinaire de la Ligue des Etats arabes (LEA), consacré à la discussion de la question de la réforme et de la restructuration du système de l'action arabe commune et de la politique de voisinage arabe, ont démarré samedi en début d'après midi à Syrte, centre de Libye, sur les rivages de la Méditerranée, sous le signe de l'éveil des Arabes.
La tenue du sommet arabe extraordinaire intervient dans une atmosphère complexe dans la région en raison principalement, selon les observateurs, de la division au sein du monde arabe, ainsi que de la poursuite de l'oppression des Palestiniens par Israel et le soutien sans réserve que leur apportent les Etats-Unis dans ce sens au détriment des droits légitimes des Arabes, de leur sécurité et de leur stabilité et malgré les prétentions relatives aux efforts qu'ils déploient pour réaliser la paix et la création d'un Etat palestinien.
L'opinion arabe estime que ce sommet extraordinaire ne sera guère meilleur que les rencontres précédentes à cause de la dépendance de nombreux pays arabes vis-à-vis de l'agenda américain, ainsi que leur propension à compter sur le rôle indispensable américain, bien que l'incapacité américaine se soit manifestée face à l'escalade de l'entêtement israélien qui évolue selon les situations.
Ainsi, pour de nombreux citoyens libyens et arabes interrogés par la PANA, ce sommet ne changera rien sur le terrain et n'apportera rien aux Palestiniens, étant donné que Washington a envoyé dernièrement de nombreux messages aux Arabes de l'extrême droite à l'extrême gauche, indiquant que la sécurité d'Israël est au-dessus de toute considération.
Pour Brahim Mohamed Al-Amamy, 45 ans, professeur a département d'Histoire de l'université libyenne d'Al-Fateh, le sommet arabe de Syrte n'apportera rien de nouveau à la cause palestinienne aussi longtemps que les dirigeants arabes n'auront pas recouvré les cartes de la solution, dont principalement l'option de la résistance, qu'ils ont abandonnées sous les effets des promesses et des pressions américaines.
De son côté, Abdelmajid Mohamed Azet, 40 ans, un homme d'affaires égyptien opérant sur le marché libyen, estime que "la position arabe ne sera pas aussi forte face à l'entêtement israélien que si l'Egypte retrouve son rôle naturel qu'elle a abandonné il y a trois décennies".
Pour Abu Mahmoud un entrepreneur palestinien dans le domaine du bâtiment, 52 ans, travaillant dans la zone de Janzour, banlieue ouest de Tripoli, la création d'un Etat palestinien est un mirage qui ne se réalisera jamais étant donné tout simplement, selon lui, qu'une petite portion de terre encerclée par Israël à travers le mur raciste de séparation au vu et au su de la communauté internationale, ne peut abriter un Etat ni accueillir un cinquième des Palestiniens vivant à l'étranger.
Bien que la rue arabe ne compte pas énormément sur le sommet arabe, ni sur ses résultats et ses résolutions, de nombreux observateurs estiment que la compréhension manifestée dernièrement par l'opinion publique mondiale à l'égard de la cause arabe et la révélation au grand jour de l'animosité d'Israël et son rejet de toute initiative de paix, notamment après les incidents de la caravane de la liberté, fait que l'espoir existe toujours pour le sommet de Syrte à la lumière du rôle que peut jouer le guide Mouammar Kadhafi pour unir les Arabes, pas forcement sur une parole unifiée mais pour se hisser au niveau de la sensibilité de la situation arabe à la lumière des dangers qui menacent l'existence arabe dans un environnement géographique composé de pays qui se toisent avec les armes nucléaires de Tel Aviv à Karachi en passant par Téhéran.
Par ailleurs, la ville de Syrte où avait été créee le 09 septembre 1999 l'Union africaine (UA), abritera dimanche le 2ème sommet afro-arabe, 33 ans après l'organisation du premier sommet en 1977 au Caire, en Egypte.
Le 2ème sommet afro-arabe discutera dans le cadre de son ordre du jour du projet de la stratégie de partenariat arabo-africain, le projet de plan d'action commun 2011-2016, en plus de la détermination de la date et du lieu du prochain sommet afro-arabe.
La ville de Syrte s'est, à cette occasion, embellie aux couleurs africaines et arabes avec des drapeaux et des banderoles mettant en exergue des messages destinés aux dirigeants arabes et africains, les exhortant à taire les divergences et les intérêts particuliers et à œuvrer à la construction d'une entité forte en vertu de l'unité du destin et de l'histoire qui les unissent.
Ainsi, les différentes pancartes qui ornent les artères de la ville de Syrte ont reflété l'importance du sommet arabo-africain qui représente un pas stratégique dans le processus historique et de lutte des peuples des deux régions et qui est de nature à unir leurs voix, mettant fin aux atteintes contre la nation arabe, vu que la création d'un espace arabo-africain pourrait remplir le vide et contenir les visées néo-colonialistes.

09 octobre 2010 17:22:00




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