Solidarité transatlantique en faveur des réparations

Durban- Afrique du Sud (PANA) -- La Conférence mondiale contre le racisme et la discrimination a été marquée mardi par une manifestation de solidarité transatlantique en faveur des réparations pour les préjudices subis depuis des siècles par les communautés noires et d'origine africaine.
Alors que la nuit a été pleine d'amertume pour les ONG afro- américaines fortement affectées par le retrait, lundi soir, de la délégation américaine, la cinquième journée de la conférence a été ouverte par des slogans exigeant des "excuses solennelles" et de "justes réparations" à travers la principale desserte du Centre international d'échanges de Durban.
Cette "jonction" entre participants africains et délégués de la diaspora comptera certainement au nombre des résultats immatériels de la conférence de Durban, estiment certains observateurs présents dans la métropole sud-africaine.
Venus pour la plupart à Durban dans une parfaite méconnaissance, les Africains, d'une part, leurs frères de la diaspora, de l'autre, qui ont séparément préparé la Conférence dans des groupes régionaux distincts et éloignés, ont progressivement découvert à quel point leurs différentes revendications se recoupaient.
Le Costa Rica, la Jamaïque, la Guyane, Belize et la Barbade ont le plus largement intégré à Durban les préoccupations de cette diaspora noire des Amériques.
Ils ont très largement enrichi l'argumentaire sur les réparations et proposé de nouvelles initiatives dans ce sens.
Mme Elayne White, vice-ministre des Relations extérieures du Costa Rica, a invité la Conférence de Durban à s'inspirer de la Déclaration de Santiago du Chili adoptée par les Etats du continent américain "afin de parvenir à une réconciliation qui passe par la reconnaissance solennelle des erreurs du passé".
Le fait que ces pays américains y soient parvenus est la preuve qu'une telle attitude est à la portée de tous et Durban devrait s'y plier, a dit Mme White, ajoutant que les discussions de Durban pourraient ainsi s'orienter plus utilement sur les réparations dites de satisfaction et la garantie de non- répétition de tels crimes.
La Déclaration de Santiago citée en référence, précise la vice-présidente costaricaine, a courageusement condamné "les crimes brutaux et les injustices commis contre les peuples autochtones et leurs descendants, ainsi que contre toutes les communautés qui furent victimes d'esclavage, de trafic transatlantique et d'autres formes de servitude".
Mme Elayne White estime qu'après un tel repentir indispensable, la communauté internationale pourrait encourager, à partir de Durban, "la mise en place d'un groupe de travail inter institutions de l'ONU qui s'occuperait des modalités pratiques des réparations et, plus globalement, des questions de racisme, de discrimination, de xénophobie et d'intolérance qui y est associée".
Le Costa Rica souhaite aussi que Durban recommande "la création d'un centre cybernétique des Nations unies qui permettrait notamment d'établir un réseau d'individus, de centres d'enseignements et d'institutions ayant pour mission de promouvoir l'échange inter culturel".
M.
Hilary Beckles, chef de la délégation de la Barbade, propose dans le même souci préventif la mise en place d'un "fonds de recherche et d'éducation" qui permettrait de créer des institutions capables de sensibiliser et de mener à bien des recherches scientifiques grandement nécessaires.
Enfin M.
LKN Singh, qui dirige la délégation guyanaise, rejoint le président Abdoulaye Wade du Sénégal en proposant, sous forme de réparations et de compensions, la mise en place d'un "fonds spécial de développement régional qui se pencherait sur les besoins structurels des peuples des Caraïbes".

04 septembre 2001 19:15:00




xhtml CSS