Situation fragile des finances publiques des pays de la CEDEAO selon la CEA

Cotonou, Bénin (PANA) - La situation des finances publiques de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne pourrait que rester fragile en 2018, selon le profil sous-régional de la zone réalisé par la Commission économique pour l’Afrique (CEA).

Bien qu’une amélioration soit prévue en 2018 avec un déficit budgétaire global qui devrait s’établir à 4,6% du PIB contre 5,4% en 2017, la situation des finances publiques de la CEDEAO ne pourrait que rester fragile en 2018, eu égard au contexte marqué par des investissements publics et des dépenses sécuritaires en progression associés à une pression fiscale quasi statique dans la plupart des Etats, révèle ce rapport examiné dans le cadre de la réunion des experts sur « les implications du potentiel élargissement de la CEDEAO et la Zone de libre- échange continentale africaine (ZLECA) », démarrée lundi à Cotonou.

La situation des finances publiques de la CEDEAO est demeurée fragile entre 2016 et 2017 avec un déficit global moyen légèrement en dégradation, passant de 4,4% à 5,4% du PIB. Le déficit budgétaire s’est particulièrement creusé en Sierra Leone (9,2% du PIB), au Burkina Faso (7,5% du PIB) et au Bénin (5,9%). Seulement six pays ont respecté la norme maximale de 3% de déficit en pourcentage du PIB nominal en 2017, ce qui représente une amélioration comparativement à l’année 2016 où seuls deux pays parvenaient au respect dudit critère, souligne le rapport.

De façon spécifique, fait-on remarquer, des efforts de mobilisation de ressources internes et d’assainissement du cadre macro-économique sont entrepris dans plusieurs pays conjugués à une volonté accrue de maîtrise des dépenses publiques. Dans ce contexte, certains pays exportateurs de cacao comme la Côte d’Ivoire, pour faire face au déficit engendré par la baisse de cours du cacao, avaient annoncé des réductions des dépenses publiques en 2017.

La dette publique au sein de l’espace CEDEAO connaît, quant à elle, une légère hausse en proportion du PIB (33,5% en 2017 contre 29,8% en 2016), toutefois, largement en dessous du seuil critique de 70% fixé.

Comparativement à l’année 2016, le volume de la dette de l’ensemble des pays de la communauté s’est d’une manière générale accru en 2017. Quatre pays ont enregistré un niveau d’endettement supérieur à la norme communautaire de 70% en 2017. Il s’agit du Cap-Vert (126,0% contre 129,5% en 2016), de la Gambie (123,2% contre 118,5% en 2016), du Ghana (71,8% contre 73,4% en 2016) et du Togo (78,6% contre 81,6% en 2016).

Le solde de la balance courante ressort en déficit dans la majorité des pays de la sous-région, entraînant un déficit global de 0,6% du PIB en 20176 en légère amélioration par rapport à l’année précédente (1,7% du PIB). Deux pays enregistrent des excédents respectifs de 2,5% et 0,1%.

Les déficits courants les plus faibles de la sous-région sont obtenus par la Côte d’Ivoire (1,2% du PIB) et le Ghana (4,5% du PIB), les autres pays affichant des déficits supérieurs à 5%. Le Liberia (22,4%), le Niger (13,2%), la Guinée (23,0%), la Sierra Leone (21,9%), la Gambie (14,3%) et le Bénin (11,7%) sont des pays pour lesquels on relève des niveaux de déficit assez préoccupants.

Pour l’année 2018, la hausse espérée du prix et de la production du pétrole permettrait d’une part, une réduction du déficit extérieur du Ghana, et d’autre part, une amélioration de la balance courante au Nigeria, ce qui contribuerait à affecter d’une matière positive la balance courante de la CEDEAO.  

Organisée par la CEA, la rencontre permettra d’approfondir la réflexion sur les potentielles implications économiques et socio-économiques de l’élargissement de la CEDEAO qui résulterait de l’adhésion du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie.

Les experts présents à Cotonou mettront l’accent sur les implications économiques, notamment en termes de flux commerciaux et de recettes publiques, les implications sur le bien-être de la population, afin d’identifier et de discuter des principaux défis et enjeux économiques pour la CEDEAO et également pour les candidats à l’adhésion.
-0-PANA IT/BEH/SOC 26juin2018

26 june 2018 19:03:04




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