Sierra Leone: Une loi éducative discriminatoire à l'égard des filles enceintes décriée par la société civile

Freetown, Sierra Leone (PANA) - Le groupe de la société civile pour la protection des enfants, défense internationale pour les enfants (DCI) a lancé un appel à l'endroit du gouvernement sierra-léonais pour qu'il engage des discussions visant à autoriser les filles enceintes à aller à l'école et à assister aux cours.

"Nous avons besoins de tenir des discussions sérieuses sur l'autorisation des filles enceintes à aller à l'école", a déclaré Manaff Kemokai, directeur-exécutif du DCI, à l'agence PANA, ce lundi.

Pour rappel, en Sierra-Léone, les filles qui tombent enceinte sont interdites d'accès aux écoles publiques. Cette décision est rentrée en vigueur à la suite d'un livre blanc adopté par le gouvernement en 2010.

Pour ce faire, pendant plusieurs années, le gouvernement a ouvert des centres éducatifs alternatifs à l'intention des filles en état de grossesse.

Le directeur-adjoint en charge des écoles, Brima Michael Turay a confié à l'agence PANA en ces termes : "Nous avons ouvert 300 centres éducatifs alternatifs à travers le pays, où elles (filles enceintes) peuvent se rendre et faire des cours".

Selon Défense internationale pour les enfants (DCI), l'établissement d'un système éducatif séparé ou différent du système traditionnel est une violation des lois en matière d'éducation dans le pays. "Il n'y a aucune loi dans notre code éducatif qui propose ou suggère la création d'écoles séparées pour les filles enceintes".

En réponse aux propos et accusations du DCI, le ministre de l'Education a déclaré que la loi relative à l'éducation en Sierra-Léone permet et autorise l'établissement de centres éducatifs alternatifs pourvu que les deux systèmes dispensent le même niveau d'éducation. Cependant, de part le passé, des réclamations par rapport à l'efficacité de ces centres alternatifs s'étaient fait entendre.

Ce n'est pas la première fois, signale-t-on, que des groupes de la société civile interpellent le gouvernement sur ce sujet.

Durant l'épidémie d'Ebola, des milliers de filles tombées enceintes avaient été privées de se présenter aux examens publics.

L'organisme en charge des droits de l'homme, Amnesty international, fait partie de nombreuses organisations qui avaient attiré l'attention du gouvernement sur le problème.

Le ministre sierra-léonais de l'Education a déclaré que la loi n'a pas été adoptée pour exclure ou discriminer les filles enceintes, mais plutôt pour protéger et mettre à l'abri les autres filles qui ne sont pas enceintes. "Autoriser les filles enceintes à se rendre à l'école va entamer et porter préjudice aux campagnes de sensibilisation contre les grossesses en milieu scolaires", a ajouté M. Turay.

Grâce au soutien du Développement international pour le Royaume-uni (DFID), le ministère sierra-léonais de l'éducation est en train de lancer une campagne pour le retour des filles à l'école. Le ministre de l'Education, M. Turay, à travers le Gate (Accès des filles à l'éducation) a déclaré avoir envoyé 5000 filles à l'école. Ces dernières avaient quitté les bancs en raison de grossesses contractées ou d'autres raisons.

-0- PANA MJN/VAO/BAD/IS 09oct2017


09 octobre 2017 16:55:54




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