Sia Popo Prosper accueilli à Abidjan comme un... chef d'Etat !

Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- Il ne manquait que le tapis rouge et l'Abidjanaise, l'hymne national de Côte d'Ivoire, à l'accueil, mardi en fin d'après-midi, de Sia Popo Prosper, le présumé cerveau du "casse du siècle", perpétrés le 27 août au siège natonal de la BCEAO à Abidjan, et qui lui a rapporté, à lui et ses complices, la bagatelle de 2,7 milliards de francs CFA ! L'aéroport militaire d'Abidjan auquel a été substitué, à la dernière minute le.
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salon d'honneur ! initialement prévu pour la réception du malfrat, ressemblait à un véritable camp retranché.
Il y grouillait une véritable petite armée, composée d'hommes en uniforme appartenant à différentes unités d'élite dont les éléments de l'UIGN (Unité d'intervention de la Gendarmerie nationale), armés jusqu'aux dents et portant de lourds gilets pare-balles.
L'apparition du présumé casseur le plus célèbre de l'histoire de la Côte d'Ivoire moderne, extradé de Ouagadougou, où il avait été arrêté samedi 14 septembre, a déclenché un mouvement de troupes, véritable branle-bas de combat, sur fonds de cliquetis d'armes de tous genres.
L'ancien vigile devenu milliardaire - en 13 petites minutes !- était au centre de toutes les causeries depuis près de trois semaines qu'il narguait les polices de la sous-région, après avoir ridiculisé celle de son propre pays, qui n'avait pu l'empêcher de quitter la Côte d'Ivoire au lendemain de l'incroyable casse.
L'homme qui, entre-temps, avait troqué le treillis militaire dont on l'avait revêtu, semble-t-il pour sa sécurité, contre une belle chemise pagne blanche teinte à l'indigo avec des motifs bleus, n'arborait visiblement pas le sourire du voyageur heureux de regagner son pays et de retrouver les siens.
C'était plutôt une certaine angoisse qui se lisait sur le masque fermé du bel Apollon qui jadis, faisait chavirer bien des coeurs féminins dans sa commune de Yopougon, une banlieue populaire de la capitale économique, où il résidait.
L'homme le plus recherché de toute l'Afrique de l'Ouest, était en passe de devenir une légende vivante, une sorte de Robin des bois des bords de la lagune Ebrié.
mais Sia Popo Prosper a manifestement perdu, mardi après-midi, ce sourire avec lequel, la veille encore, il plastronnait devant la presse à Ouagadougou.
Celui qui affichait une certaine morgue, allant même jusqu'à évoquer les vieux jours qu'il allait couler, une fois sorti de prison, avec le précieux butin qu'il assure avoir planqué en lieu sûr, n'était plus le même à sa descente à Abidjan, ce mardi après-midi.
Menottes aux poignets, Sia Prosper a dû, en moins de temps qu'il ne lui en avait fallu pour faire son coup, changer, à deux reprises de 4/4.
Il a été transbordé d'un véhicule de l'UIGN au profit de celui de l'UIR (Unité d'intervention et de recherche) de la police ivoirienne, solidement encadré par deux cerbères à la mine pas du tout avenante.
Le "roi des casseurs", ainsi que l'a surnommé la presse locale, a dès lors pris le chemin de sa nouvelle "résidence", entouré d'une garde très rapprochée, au sein d'un impressionnant cortège de véhicules d'escorte qui, tous feux allumés, sirènes hurlantes s'est ébranlé vers la capitale, balayant la nuit tombante du bleu de ses gyrophares.

18 septembre 2002 12:03:00




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