Seul le Soudan peu succéder à l'AMIS au Darfour, selon Khartoum

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- L'Union africaine (UA) doit retirer ses soldats de maintien de la paix du Darfour (province occidentale du Soudan), si sa mission a échoué, a estimé, mercredi à Addis-Abeba, le secrétaire d'Etat soudanais aux Affaires étrangères, Elsamani Elwasila.
Dans une déclaration devant le Conseil de paix et de sécurité de l'UA (CPS), réuni dans la capitale éthiopienne, M.
Elwasila a soutenu que l'organisation panafriciane ne pouvait pas transférer sa mission au Darfour à une tierce partie, excepté le gouvernement du Soudan.
Il a fait valoir que le CPS n'était pas autorisé, aux termes de son protocole fondateur, à transférer son mandat aux Nations unies.
"Il donne seulement à l'Union africaine la possibilité de demander un soutien financier et logistique aux Nations unies".
"Compte tenu de cela, le gouvernement du Soudan est prêt à prendre ses responsabilités pour protéger ses civils si l'Union africaine décidait de se retirer du Darfour", a souligné le secrétaire d'Etat soudanais.
Réaffirmant le rejet, par Khartoum, de la Résolution 1706 du Conseil de sécurité de l'ONU sur le transfert de l'AMIS à une force onusienne, M.
Elwasila a dit que le vote hâtif de cette résolution révélait indubitablement qu'il s'agissait "d'un objectif en soi et non d'efforts communs" pour soutenir l'Accord de paix sur le Darfour.
Il a, par ailleurs, accusé certains pays donateurs, dont les Etats- Unis, de mener des campagnes de pression contre le Soudan, en affirmant que les puissances opposées au Soudan tentaient également d'exploiter l'UA et ses organes sur la question du Darfour.
D'après lui, les autorités soudaises regrettaient l'incapacité de l'UA et du Conseil de sécurité à imposer des sanctions aux opposants au processus de paix au Darfour.
Il a accusé le Conseil de sécurité et la communauté internationale d'appliquer une politique de deux poids, deux mesures au lieu de neutraliser et punir les ennemis de la paix dans la région en proie à des troubles.
Toutefois M.
Elwasila a assuré qu'il existait encore une possibilité de réexaminer la position du CPS en vue de trouver une porte de sortie du "tunnel sombre" imposé par la Résolution 1706.
Bien que les membres du CPS ont écouté attentivement l'officiel soudanais, des sources diplomatiques affirment qu'il n'y a pas eu de réactions immédiates à sa déclaration.

14 septembre 2006 15:27:00




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