Sécurité renforcée à Banjul en prévision de l'arrivée des dirigeants de la CEDEAO

Banjul, Gambie (PANA) - Le niveau de sécurité est au maximum dans la capitale gambienne, Banjul, en prévision de l'arrivée, ce vendredi, d'une délégation de dirigeants ouest-africains pour une autre tentative de convaincre le président Yahya Jammeh de se retirer pacifiquement après avoir été battu à l'élection du 1er décembre dernier.

Des soldats lourdement armés sont postés dans les rues de la capitale et sur l'autoroute de Serrekunda à Banjul, en attendant l'arrivée des chefs d'Etat.

Ce soudain déploiement d'armes lourdes cause la panique parmi la population, certaines familles quittant la ville insulaire, tandis que les ressortissants de la sous-région retournent dans leurs pays.

Le président nigérian, Muhammadu Buhari, qui est également le principal médiateur dans l'impasse politique gambienne, conduit la délégation qui doit comprendre la présidente libérienne, Ellen Johnson-Sirleaf, le président sierra-léonais, Ernest Bai Koroma, l'ex-président du Ghana, John Dramani Mahama et le président de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Marcel de Souza.

L'armée gambienne a déployé des mortiers, des lance-roquettes, des RPG, entre autres, à l'entrée de Banjul et le long des artères, tandis que des hommes en armes patrouillent dans les rues avec des mitrailleuses.

M. Jammeh, qui dirige la Gambie d'une main de fer depuis ces 22 dernières années, a été battu lors d'élections par le leader de l'opposition, Adama Barrow. Mais après avoir reconnu sa défaite dans un premier temps, il a changé d'avis et refusé de céder le pouvoir.

Des sources judiciaires ont déclaré à la PANA que M. Jammeh a déposé une injonction devant la Cour suprême pour empêcher l'investiture du président élu Barrow, le 19 janvier prochain.

Cette injonction déposée par Edward Gomez, avocat de M. Jammeh et de son parti, l'Alliance pour la réorientation patriotique et la construction (APRC) demande au président de la Cour suprême et à tout autre membre du pouvoir judiciaire de ne pas faire prêter serment à M. Barrow.

Le président de la Cour suprême gambienne, le Nigérian Emmanuel O. Fagbenle, a confirmé le dépôt de cette injonction devant la Haute Cour par MM. Gomez, Seedy S.K. Njiee, ministre de l'Information, de la Communication et des Infrastructures et d'autres hauts responsables de l'APRC.

Ces sources ont ajouté que la requête a été reçue jeudi par le Greffier de la Cour suprême.

D'autre part, les journalistes gambiens ont demandé aux autorités compétentes d'ordonner la réouverture de quatre radios fermées récemment par le gouvernement et de mettre fin de manière permanente à la fermeture arbitraire et illégale des organes de presse.

La Gambia Press Union (GPU), dans un communiqué obtenu par la PANA, ce vendredi, s'est déclarée fortement préoccupée par l'actuel climat de terreur qui règne dans la presse, alors que l'Etat continue à réprimer les journalistes.

"Nous condamnons particulièrement dans les termes les plus fermes, la fermeture récente de quatre radios", a indiqué l'association des journalistes.

Le dimanche 1er janvier, des agents des services nationaux du renseignement (NIA) se sont rendus à Teranga FM, Hill Top FM et Afri Radio FM et ont ordonné à ces radios l'arrêt de la diffusion de leurs programmes avec effet immédiat. Une semaine plus tard, une radio privée, Paradise FM, a été fermée sur des ordres similaires.

D'après le communiqué, le ministère de l'Information, de la Communication et des Infrastructures a confirmé l'annulation des autorisations d'exploitation de ces radios.

Cependant, ni le ministère ni la NIA n'ont donné les raisons de ces fermetures, poursuit le communiqué.

La Gambia Press Union considère que les ordres de fermeture des radios concernées ne respectent pas le cadre légal et, par conséquent, sont arbitraires et illégaux.

"La GPU considère ces fermetures comme une violation claire de l'article 25 de la Constitution qui garantit la liberté de la presse ainsi que de l'article 207, qui donne à la presse le devoir de demander des comptes au gouvernement au nom du peuple".

La GPU a estimé que ces fermetures de radios étaient aussi une violation des droits des journalistes à s'exprimer librement et à travailler. Elles violent également le droit du public à recevoir, à avoir accès et à diffuser des informations vitales, particulièrement en cette période décisive pour le pays.
-0- PANA MSS/MA/FJG/JSG/IBA 13jan2017

13 janvier 2017 12:17:24




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