Sarkozy demande plus de sièges au Conseil de sécurité de l'ONU pour l'Afrique

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Le président français, Nicolas Sarkozy, a demandé que soient achevées les réformes de l'ONU pour donner à l'Afrique plus de sièges au Conseil de sécurité de l'ONU tout en demandant le soutien de l'Afrique à la France pour la création d'un fonds pour financer le développement.

En s'adressant à la cérémonie d'ouverture du 16ème sommet de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba, M. Sarkozy a déclaré au Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon: "Vous avez tout ce qu'il vous faut sur la table. Ne mettons pas en place des groupes de travail inutiles. Vous avez le soutien de la France".

Il a également annoncé certaines propositions concrètes pour renforcer la coopération entre l'Afrique et l'Europe.

Ces propositions portent sur des taxes sur les transactions financières, des taxes sur le transport maritime, des taxes sur le tabac et les cargaisons maritimes ainsi que sur les moyens de réunir les 125 milliards de dollars américains promis par les Etats les plus riches de la planète pour aider l'Afrique à obtenir des financements pour lutter contre le changement climatique.

"Ce ne sont pas simplement des paroles d'amitié. Je suis motivé par le fait que l'Afrique et l'Europe doivent collaborer plus étroitement dans le cadre de la prise de décisions politiques", a déclaré M. Sarkozy, dont le discours a été vivement applaudi à Addis-Abeba.

Le président Sarkozy, principal invité de ce sommet, a déclaré "la France n'est pas naïve. Nous sommes réalistes sur ce sujet".

Le président français, qui a pris la présidence du Groupe des Huit pays les plus industrialisés (G-8) et du Groupe des 20 (G-20), a demandé à l'Afrique de soutenir le plan français en proposant des sources innovantes de financement du développement.

Les dirigeants africains discutent, entre autres-, de la crise en Côte d'Ivoire et du vent du changement qui souffle sur la région d'Afrique du Nord.

Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, qui coordonne la position africaine commune sur le changement climatique, est un des auteurs de la proposition de l'augmentation des taxes au plan international pour financer la lutte contre les effets du changement climatique.

"Nous allons poser cette proposition sur la table du G-20 et demander que ce mécanisme de financement innovant soit approuvé et vous devez nous soutenir. Une fois que nous l'aurons fait, les autres nous suivront", a soutenu M. Sarkozy.

Le président français a indiqué que cette nouvelle source de financement contribuerait à fournir les fonds requis pour les infrastructures et le changement climatique, en ajoutant qu'il ne serait pas réaliste pour les pays européens, actuellement confrontés à des déficits budgétaires, de penser à de nouvelles contributions.

"L'Afrique doit imposer ce financement inédit au reste du monde. La meilleure innovation sera la taxe sur les transactions financières", a-t-il ajouté.

Le discours du chef de l'Etat français devrait inspirer les dirigeants africains, qui ont souvent considéré avec réticence les propositions de financement des activités de l'UA à travers une série de mesures d'imposition, comme la taxation locale des secteurs des assurances et du tourisme.

M. Sarkozy a également proposé une réglementation stricte des marchés alimentaires et financiers mondiaux, en soulignant que les hausses exorbitantes des prix des denrées alimentaires n'étaient pas basées sur les forces du marché et que la crise financière mondiale était le résultat d'une réglementation trop laxiste.

"Il ne s'agit pas d'un marché libre... mais d'extorsion et de pillage, il y a des gens qui approvisionnent les marchés alimentaires et font d'énormes profits, sans payer les coûts d'approvisionnement", a-t-il souligné.

Le président Sarkozy a averti que le risque d'un accroissement de l'insécurité alimentaire restait élevé en Afrique et que le continent ne serait pas en mesure de se nourrir lui-même si les marchés des produits alimentaires n'étaient pas réglementés.

En soulignant que près d'un milliard de personnes dans le monde souffraient de malnutrition, M. Sarkozy a attribué à la hausse des prix des denrées alimentaires "l'excessive volatilité des denrées agricoles sur les marchés internationaux, qui mènent aux émeutes de la faim que nous connaissons actuellement".

-0- PANA AO/VAO/FJG/TBM/IBA 30jan2011

30 janvier 2011 14:39:41




xhtml CSS