Dakar- Sénégal (PANA) -- L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a exprimé "son effroi et son indignation" après le meurtre du journaliste rwandais Jean-Léonard Rugambage, tué jeudi à Kigali, selon un communiqué de cette organisation de défense des intérêts des journalistes transmis vendredi à la PANA.
Le rédacteur en chef adjoint du bimensuel "Umuvugizi" a été fusillé de quatre balles à bout portant devant son domicile, "par des malfaiteurs encore non identifiés", rappelle le texte qui signale que le corps de la victime a été récupéré par la police pour enquête.
M.
Rugambage, qui laisse derrière lui une veuve et un enfant de deux ans, avait déjà été inquiété par les autorités à plusieurs reprises selon RSF qui note que son meurtre est le premier assassinat d'un journaliste au Rwanda depuis celui d'Emmanuel Munyemanzi, en 1998.
"Jean-Léonard a certainement été tué suite à ses investigations sur la tentative d'assassinat perpétrée la semaine dernière contre le général Kayumba Nyamwasa, en exil en Afrique du Sud", a déclaré le rédacteur en chef de son journal, Jean-Bosco Gasasira, cité par le communiqué de RSF.
Selon M.
Gasasira qui vit lui-même en exil, le défunt avait fait état d'échanges téléphoniques entre le chef des services de renseignements à Kigali, Emmanuel Ndahiro, et les citoyens rwandais arrêtés en Afrique du Sud suite à l'attentat.
"Depuis des mois, nous dénonçons le climat de terreur, l'escalade de la répression contre les voix indépendantes et la dérive totalitaire au Rwanda", a protesté RSF qui appelle la communauté internationale à "enfin ouvrir les yeux".
L'organisation note une série d'atteintes aux media constatées à l'approche de l'élection présidentielle d'août 2010, marquées par des suspensions de journaux, des procès à répétition contre les professionnels des media et les blocages de sites Internet au Rwanda.
La victime était également correspondant pour le Rwanda de l'organisation régionale de défense de la liberté de presse Journaliste en danger (JED).
Selon RSF, le Rwanda occupe la 157ème place sur 175 pays, du classement mondial 2009 de la liberté de la presse qu'il établit et signale qu'"après l'Erythrée, la Somalie, et la Guinée équatoriale, il est le 4ème pays africain le moins bien classé".
"Depuis plusieurs années, ajoute-t-il, le chef de l'Etat Paul Kagame figure dans la liste des prédateurs de la liberté de la presse dressée par Reporters sans frontières".