Rupture consommée entre l’opposition et le médiateur Est-africain dans la crise au Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Le Conseil national pour la défense de l’accord d’août 2000, à Arusha, en Tanzanie, sur la paix, la réconciliation et l’Etat de droit (Cnared) «ne reconnait plus» comme médiateur dans la crise burundaise, l’ancien chef de l’Etat tanzanien, Benjamin William M’Kapa, pour avoir soutenu dernièrement, que le troisième mandat présidentiel controversé de l’actuel chef de l'Etat burundais, Pierre Nkurunziza, était «légitime», a-t-on appris, mercredi, de source proche de cette principale plate-forme de l’opposition burundaise.

Le troisième mandat présidentiel est considéré par l’opposition comme étant l’élément moteur de la crise politique et des droits humains qui dure depuis bientôt deux ans au Burundi.

Vendredi dernier, le médiateur avait qualifié de «fous», ceux qui doutaient encore de la légitimité du troisième mandat présidentiel "émanant de la volonté du peuple burundais".

Du fait de la reconnaissance du troisième mandat présidentiel, «vous avez nié la nature même du conflit qui mine le Burundi», accuse une correspondance du Cnared au médiateur de la Communauté d’Afrique de l’Est, en place depuis le mois de mars dernier.

«Par cette négation, vous avez implicitement mis fin à votre mission de médiateur», conclut la correspondance de cette coalition qui revendique une vingtaine de partis politiques opposés au troisième mandat présidentiel de cinq ans, entamé depuis le mois d’août 2015.

Aux dernières nouvelles, plusieurs Organisations de la Société civile, également opposées au troisième mandat présidentiel, ont emboîté le pas au Cnared pour récuser, à leur tour, la médiation de l'ancien président tanzanien, aujourd’hui âgé de 74 ans.

C’est le troisième médiateur à être récusé par une partie à la crise burundaise, après Saïd Djinnit, pour le compte des Nations Unies et Abdoulaye Batilly, de l’Union africaine (UA).

A la longue, la logique de la violence risque de prendre le dessus sur celle du dialogue pour lequel la communauté internationale s’est tant investie, sans néanmoins parvenir à des résultats probants, prédisent des analystes de la crise burundaise à Bujumbura.

Les ingrédients d’une explosion soudaine sont déjà réunis avec la naissance de la crise de plusieurs rébellions armées déclarées contre les institutions issues des élections générales controversées de 2015, d’après les mêmes analystes.

Le pouvoir burundais maintient également en place un important dispositif sécuritaire de policiers et de militaires prêts à parer à toute éventualité.

Des arrestations et des fouilles-perquisitions dans les foyers encore actifs du mouvement de contestation du troisième mandat présidentiel sont rapportées au quotidien aussi bien à Bujumbura, la capitale burundaise, qu’à l’intérieur du pays.
-0- PANA FB/IS/IBA 14déc2016

14 décembre 2016 13:42:00




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