Révolution industrielle et développement sont liés, selon un expert

Dakar- Sénégal (PANA) -- Les pauvres et sous-développés d'aujourd'hui sont ceux qui hier, ont raté le train de la révolution industrielle du 19e siècle, a souligné Henri Hogbe Benlend, Fondateur et premier président de l'Union mathématique africaine qui présentait ce jeudi à Dakar une communication sur l'Afrique, la science et la technologie, enjeux et perspectives, à la Conférence des intellectuels d'Afrique et de la Diaspora.
Selon le mathématicien, par ailleurs ancien ministre de la Recherche scientifique et Technique du Cameroun, "Le moteur principal de la richesse et de la prospérité des nations ne réside plus dans les richesses du sol et du sous-sol, mais dans les ressources de l'esprit créateur des hommes et des femmes.
" De quoi lui faire dire que "l'Afrique doit construire et conduire son processus endogène d'appropriation et de maîtrise de la science et de la technologie au service de son développement économique, social et culturel" Sur la base des expériences menées jusqu'ici en Afrique, M.
Benlend qui a revisité toutes les résolutions prises par les chefs d'Etat dans ce domaine, propose un programme pour la renaissance scientifique de l 'Afrique.
Entre autres recommandations, il propose la promotion d'une meilleure gestion par les pays africains de la "matière grise" qu'il juge hautement stratégique.
Pour cela, l'Afrique doit utiliser les compétences nationales de qualification internationale et mettre en place les conditions permettant aux experts africains de la Diaspora d'apporter à partir de leur pays d'accueil ou d'adoption leur contribution au développement scientifique et technique de leur pays d'origine ou de l'Afrique en général.
Si l'Afrique est à la traîne dans le domaine de la recherche scientifique et technique, c'est qu'il n'y a pas, selon M.
Benlend de centres disposant d'une masse critique indispensable d'enseignants chercheurs.
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« A l'heure actuelle, aucun pays africain, excepté l'Afrique du Sud, ne dispose de telles masses dans quelque discipline scientifique que ce soit », fait-il observer.
Dans ces conditions, il est nécessaire selon lui, "d'encourager et de promouvoir la coopération sous-régionale et continentale dans l'esprit du Plan d'Action de Lagos, stratégie qui recommande la création de centres et réseaux d'excellence scientifique et technique sous-régionaux et continentaux progressivement dotés de moyens humains, matériels et financiers indispensables.
" Pour M.
Benlend, "l'Afrique doit rompre avec toute idée de "transfert" de technologies obsolètes et dépassées et prendre résolument la voie de la maîtrise des nouvelles technologies : micro- électronique, informatique, biotechnologies, technologies des énergies nouvelles et renouvelables, matériaux composites, technologies de l'espace, des océans.
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etc.
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D'autant que "leur maîtrise, et non leur transfert, permet d'en contrôler les effets pervers, notamment sur le plan social (emploi par exemple), culturel, de sécurité et d'indépendance nationale.
" Il est tout aussi important selon M.
Benlend de favoriser une synergie entre l'université et l'entreprise pour créer les conditions de la maîtrise des nouvelles technologies .
Le mathématicien recommande aussi la stratégie de l'alliance entre nouvelles technologies et technologies traditionnelles, à l'exemple de la médecine moderne et de la médecine traditionnelle.
M.
Benlend s'inscrit en faux contre l'idée selon laquelle, "l'Afrique doit rompre avec l'idée que le financement de la science et de la technologie dans le continent devrait reposer prioritairement sur l'assistance étrangère, dont les caractéristiques essentielles sont d'être non pérenne et prioritairement orientée en fonction des intérêts des donateurs.
" Pour lui, l'expérience internationale montre qu'un des mécanismes efficaces pour assurer un financement durable de la science et de la technologie est celui de la création de Fondations.

07 octobre 2004 19:59:00




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