Réunion des chefs d'Etat de l'IGAD sur le Soudan

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Les chefs d'Etat de l'Autorité inter- gouvernementale pour le développement (IGAD), une organisation des pays d'Afrique de l'Est, sont arrivés à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour discuter de la question épineuse de la région soudanaise d'Abyei, riche en pétrole, avant le référendum sur cette région prévu en janvier prochain.
Ils vont également se pencher sur la démarcation interne et la question de la nationalité avant le référendum soudanais.
Le président soudanais, Omar El Béshir se trouve parmi ses homologues à Addis- Abeba.
Les deux parties sont parvenues à un accord sur la plupart des questions conformément à l'Accord de paix global (CPA), mais il y a trois points d'achoppement, selon Hailemariam Desalegn, ministre éthiopien des Affaires étrangères et président du Conseil des ministres de l'IGAD.
"Les préparatifs du référendum se déroulent bien; par exemple, le processus d'enregistrement suit son cours", a déclaré M.
Hailemariam, qui est également vice-Premier ministre de l'Ethiopie, à la presse à l'issue de la réunion ministérielle lundi.
"Tout ce qui se passera mal au Soudan entraînera une catastrophe pour toute la sous-région de l'IGAD", a averti M.
Hailemariam.
Selon lui, pour éviter un conflit éventuel, les autorités des deux parties doivent envisager la possibilité de traiter de certaines questions comme la démarcation des frontières et la région d'Abyei", après le référendum.
"Toutes les questions ne doivent pas être résolues avant le référendum.
Il y a en qui ne pourront l'être qu'après le référendum mais toujours dans le cadre du CPA", a-t-il expliqué.
Selon le ministre intérimaire kényan des Affaires étrangères, George Saitoti, qui est l'adjoint de M.
Hailemariam au niveau de l'IGAD, les autorités du Nord et du Sud Soudan se sont engagées à accepter les résultats du référendum.
"Les deux parties restent engagées dans le référendum et à respecter ses résultats, quels qu'ils soient", a soutenu M.
Saitoti.
Les combats ne sauraient être utilisés pour changer les résultats du référendum, a-t-il déclaré, en précisant cependant qu'Abyei pourrait être un des points chauds qui pousserait les deux parties à reprendre la plus longue guerre civile d'Afrique qui a pris fin en 2005 avec la signature de l'Accord de paix global.
M.
Saitoti a déclaré que la région d'Abyei ne devait pas être un obstacle à la tenue du référendum.
Il y a deux semaines, le Commissaire à la Paix et la Sécurité de l'Union africaine (UA), Ramtane Lamamra, a mis en garde le gouvernement soudanais contre l'utilisation du retard de la démarcation de la ligne frontalière Nord- Sud comme excuse pour reporter le référendum devant déterminer l'avenir du Sud Soudan.
Entre autres, le CPA prévoit la tenue d'un référendum le 09 janvier 2011, afin de déterminer si le Sud Soudan doit devenir un Etat indépendant.
Mais les questions de la démarcation des territoires du sud et du nord et d'Abyei, qui est revendiquée par le nord et le sud, sont celles qui posent problème.
Malgré une paix relative dans le Sud depuis la signature du CPA, la région occidentale du Darfour connaît des troubles depuis des années.
Ce sont les troubles dans cette région qui ont amené à la délivrance de mandats d'arrêts par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président El Béshir.
En conséquence, les réunions au plus haut niveau de l'IGAD prévues précédemment au Kenya ont été annulés, car ce pays craignait de s'attirer les foudres de la communauté internationale en recevant le président El Béshir sans l'arrêter et le livrer à la CPI.

23 novembre 2010 12:13:00




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