Réunion des acteurs sur la politique "genre" de l'UA

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Aborder les questions essentielles d'une manière systématique, organisée, coordonnée et harmonisée reste un défi majeur pour le continent africain, selon un haute responsable de la Commission de l'Union africaine (CUA).
"Qu'il s'agisse de pauvreté, de maladie, d'analphabétisme, de guerre, de troubles civils ou d'inégalité entre hommes et femmes, il est important d'aborder ces défis avec une vision claire et des plans bien élaborés sur la manière de les affronter", a déclaré Rosebud Kurwijila, la Commissaire de la CUA à l'Economie rurale et l'Agriculture.
Ouvrant une consultation sur la formulation de la politique genre de l'UA, Mme Kurwijila a noté que le processus lancé au début de l'année 2006 et bloqué pour un temps a été relancé en décembre 2007.
Les représentants d'organisations de la société civile africaine, d'organisations économiques régionales, des universitaires, des spécialistes des questions de genre et les diplomates accrédités à la CUA participent à ce forum de trois jours avec l'objectif de finaliser le projet de Politique de Genre de l'UA.
Après son adoption par l'Assemblée de l'UA, cette politique servira à accélérer les mandats de la CUA et de ses organes consistant à promouvoir le développement social, économique, politique et culturel pour la coopération et l'intégration continentales.
Selon des sources proches de la CUA, cette politique va fournir un cadre pour identifier et trouver des solutions aux problèmes des femmes et mesurer l'impact du développement sur les hommes et les femmes, dans le contexte des défis existants ou émergents du développement africain.
Par ailleurs, cette politique du genre va pousser tous les organes de l'UA à accélérer l'inscription des préoccupations des femmes dans le courant dominant et à passer des questions féminines à des actions visant à l'égalité entre hommes et femmes.
Certains spécialistes des questions féminines soutiennent que les femmes n'ont pas accès au pouvoir politique et ne sont pas représentées de manière équitable au niveau des instances de prise de décision dans de nombreux pays.
En outre, les croyances socio-culturelles, les normes et pratiques des systèmes patriarcaux continuent à reléguer la femme africaine à un rang inférieur dans la société où elles sont marginalisées en ce qui concerne l'accès aux ressources productives et à leur contrôle, y compris quand il s'agit de leur propre travail.
"Nous devons désormais nous atteler à la tâche bien plus difficile qui consiste à mettre en oeuvre des stratégies, politiques et pratiques bénéfiques pour les femmes et qui changent véritablement leurs vies", a déclaré Florence Butegwa, la représentante du Fonds des Nations Unies pour les femmes (UNIFEM) auprès de la CUA et de la Commission économique pour l'Afrique.
"Le développement humain consiste à responsabiliser les millions de personnes, dont la majorité sont des femmes, qui sont toujours en marge des structures de prise de décision tout en étant appelées quotidiennement à soutenir nos sociétés disloquées", a déclaré Mme Butegwa au Forum.
La dernière mouture du projet de politique de genre de l'UA sera soumise à une autre réunion d'experts qui va précéder une conférence commune des ministres chargés des questions féminines de l'UA et de la CEA, prévue en juin 2008.
On espère que d'ici là le projet sera passé par les étapes nécessaires à sa formulation et sera prêt à être adopté par le Sommet des chefs d'Etats et de Gouvernements africains de juillet 2008.

09 avril 2008 15:24:00




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