Retrait des fréquences de la télévision privée LCF et de la radio City FM au Togo

Lomé, Togo (PANA) - La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), organe de régulation des médias au Togo, a décidé mardi du retrait des fréquences de la télévision privée LCF et de la radio City FM, expliquant qu’au démarrage de leurs activités, ces deux organes d’information  n’avaient pas obtenu "d'autorisation régulière" d’installation et d’exploitation auprès de ses services compétents, a appris la PANA de sources proches de l’institution.

Malgré les discussions et les négociations avec les responsables de ces organes et ceux des organisations des médias, la HAAC n’a pas modifié sa position.

Le 16 décembre dernier, la HAAC avait publié un communiqué mettant en demeure des organes audiovisuels n’ayant pas renouvelé leur dossier de le faire et avait accordé, le 26 décembre, un délai de trois semaines aux responsables de ces organes.

Ainsi, depuis le 15 janvier, après l’expiration du délai, la HAAC a décidé de mettre à exécution sa menace.

Celle-ci a été exécutée malgré les appels de l’Observatoire togolais des médias (OTM), le Conseil national des patrons de presse (CONAPP) et l’Union des journalistes indépendants du Togo (UJIT), qui ont initié ensemble une série de rencontres et d’échanges avec la HAAC, l’Autorité de régulation des secteurs des Postes et télécommunications (ARTP), ainsi que  le ministère de la Communication.

L’OTM, le CONAPP et l’UJIT ont condamné "cette décision qui réduit l’espace de liberté et porte atteinte à la pluralité, ainsi qu’à la diversité du paysage médiatique togolais" et  dénoncé "une mesure qui ne prend pas en compte non plus, la situation de plusieurs dizaines de confrères qui se retrouvent ainsi au chômage".

Ils ont demandé à la HAAC de "rapporter cette décision sans délai, afin que de vraies négociations s’ouvrent avec la LCF et CITY FM en vue de la régularisation de leur situation".

LCF comme City FM, créées depuis 2007, font partie du Groupe Sud média et des meilleurs organes de presse au Togo. Comme les autres organes, elles bénéficient régulièrement de  l’aide de l’Etat à la presse sans que le problème de  dossier conforme ne soit évoqué.

Pour beaucoup d’observateurs de la scène politique togolaise, c’est un règlement de comptes, puisque, les deux organes de presse, en réalité, appartiennent à l’ex-ministre de l’Administration territoriale et Numéro 2 du régime en place, Pascal Akoussoulèlou Bodjona, tombé en disgrâce depuis quelques années.

Dans le temps, fort de son influence, ce baron du régime tombé en disgrâce n’avait pas respecté toute la procédure, ce qui le rattrape aujourd’hui.
-0- PANA FAA/JSG/IBA 08fév2017

08 février 2017 07:48:25




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