Reprise des activités de formation à la Maison de la presse du Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Quelque 50 journalistes locaux ont entamé, lundi, une formation de dix jours sur la création et la gestion des « nouveaux médias » (sites web et blogs) à la Maison de la presse du Burundi où les activités tournaient au ralenti depuis la crise politique autour des élections de 2015 qui n’a pas épargné le secteur de la Communication, a-t-on appris sur place à Bujumbura.

En mai 2015, ce sanctuaire des médias publics et privés avait été obligé de fermer les portes pendant une semaine pour une émission en direct sur le « mouvement insurrectionnel » contre le troisième mandat présidentiel.

La formation et un tel rassemblement de journalistes constituent la première activité notable en deux ans d’un service minimum, de l’avis même de la présidente de la Maison de la presse du Burundi, Mme Denise Mugugu.

La formation a été appuyée, techniquement et financièrement, par la coopération française au profit de jeunes journalistes pour se familiariser avec les nouveaux médias, aujourd’hui incontournables dans l’exercice de la profession et dans les relations avec le public, d’après la même source.

Du côté des consommateurs de l’information, on assiste à un engouement prononcé pour les nouveaux médias en vogue au Burundi et dans le monde moderne.

Sur le marché local, on s’arrache les téléphones portables adaptés aux nouveaux médias et, grâce à certaines applications (Facebook, Wattsup, Tweeter), c’est à qui téléchargera et enverra le premier aux amis des contenus chauds en ligne sur la situation au Burundi où la parole autorisée est surtout aux médias publics, également en cours de mutation technologique (de l’analogique au numérique).

Plusieurs radios et télévisions privées indépendantes n’ont toujours pas rouvert après avoir été, soit détruites physiquement, soit obligées de fermer, poussant autour d’une centaine de leurs responsables et animateurs à fuir par peur d’insécurité.

Les journalistes en fuite n’ont toutefois pas baissé les bras et certains d’entre eux, basés au Rwanda voisin, profitent à fond des nouveaux médias pour continuer de s’informer et d’informer à distance grâce à des relais clandestins dans le pays d’origine.

Deux émissions en ligne sur des radios dissidentes sont particulièrement prisées par certains et honnies par d’autres, selon la sensibilité politique de l’auditeur.

L’ancienne « Radio publique africaine » (Rpa, indépendante) a émigré en ligne, sans rien changer à son ton jugé « très critique » envers le pouvoir burundais, ce qui lui vaut toujours une certaine audience auprès du public.

La radio « Inzamba » (La trompète), animée également en ligne par des journalistes burundais exilés au Rwanda, diffuse aussi, en soirée, une émission de deux heures très demandée et suivie par les internautes.

La consigne générale est de ne pas communiquer avec les journalistes de tels médias qui, aux yeux des officiels burundais, ne véhiculent que « rumeurs malveillantes et intox» dans l’opinion.
-0- PANA FB/BEH/IBA 03juil2017



03 juillet 2017 14:19:26




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