Report des pourparlers inter-burundais de paix

Bujumbura, Burundi (PANA) - Les pourparlers inter-burundais de paix n’auront finalement pas lieu du 9 au 12 juillet 2016 pour des « raisons indépendantes » de la médiation tanzanienne dans la grave crise politique en cours depuis plus d’un an au Burundi, suite à un conflit électoral mal résolu entre le pouvoir et l’opposition, a-t-on appris, jeudi, de source proche des parties prenantes.

Le médiateur de la Communauté de l'Afrique de l'Est/East african community(Cae/Eac) et ancien président de la Tanzanie n'avait pas non plus réussi un précédent rendez-vous d'avant la fin du mois de juin dernier pour des raisons non encore expliquées.

Cette fois, des invitations étaient déjà entre les mains des représentants du gouvernement et d’autres parties prenantes aux pourparlers, depuis une semaine.

C’est via les réseaux sociaux que Macocha Tembele, l’un des assistants du médiateur, s’était chargé d’annoncer le report sine die du rendez-vous du 9 au 12 juillet qui laissait espérer l’entrée dans le vif des questions qui divisent la classe politique burundaise et paralysent la bonne marche du pays, voici plus d’un an.

Curieusement, les différentes parties prenantes au conflit burundais se disaient, jeudi, « surprises » par le report du rendez-vous crucial sur lequel planaient néanmoins depuis des jours, des doutes à la fois de forme que de fond.

D’un côté, le Conseil national pour la défense de l’Accord d’août 2000, à Arusha, en Tanzanie, sur la paix, la réconciliation et la restauration de l’Etat de droit (Cnared, principale coalition de l’opposition) menaçait de boycotter le rendez-vous du 9 au 12 juillet, s’il n’était pas invité en tant qu’« entité unique », et non « en ordre dispersé », par chacun des 25 partis membres.

D’un autre côté, le pouvoir burundais menaçait d’en faire de même, si le Cnared - sa « bête noire » - venait à être invité en tant que tel alors qu’il n’est pas reconnu par la loi burundaise.

Le pouvoir préfère encore voir les responsables du Cnared devant la Justice qu’à la même table des pourparlers pour répondre de leur implication présumée dans l’insurrection populaire contre le troisième quinquennat présidentiel et la tentative de putsch manqué qui a  suivi, l’année dernière.

Les grandes puissances occidentales constituent, un autre maillon important dans le processus inter-burundais de paix, notamment par le sponsor et la logistique avec lesquels elles font pression pour qu’il y ait un dialogue réellement inclusif de toutes les parties prenantes.

Certains analystes à Bujumbura n’excluent pas que le report soit aussi lié aux pressions de la Communauté internationale au chevet du Burundi sur le médiateur pour qu’il prenne le temps suffisant d’aplanir les divergences de vues avant un nouveau rendez-vous plus ferme.

Selon les mêmes analystes, le temps passe et semble de plus en plus jouer en défaveur de l’opposition, minée qu’elle est, par des dissensions entre ceux des membres qui veulent aller, « à tout prix », aux pourparlers avec le pouvoir et d’autres qui misent sur l’unité des rangs pour être en position de force, le moment venu, à la table des discussions.
-0- PANA FB/BEH/IBA 07juil2016

07 juillet 2016 13:00:25




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