Rentrée scolaire effective au Bénin, en dépit des zones d’ombre sur l’année scolaire

Cotonou, Bénin (PANA) - Les écoles béninoises ont effectivement rouvert leurs portes ce lundi sur toute l’étendue du territoire conformément aux dispositions prises par le gouvernement, mais des zones d’ombre subsistent quant à la poursuite normale des activités jusqu’à terme, selon le constat sur place.

Fixée pour ce lundi, la rentrée des classes avait suscité beaucoup de polémiques au niveau, aussi bien des parents que des enseignants qui souhaitaient qu’elle se réalise deux semaines plus tard, précisément au début du mois d’octobre prochain.

Si pour les parents habitués à consacrer le salaire du mois de septembre aux fournitures et la première tranche de la scolarité de leurs enfants, la situation était trop contraignante et bon nombre ne s’en sont pas sortis, malgré les offres alléchantes des banques et institutions financières pour leur permettre d’accomplir ce devoir sans trop de difficultés.

Quant aux enseignants, ils ont pendant longtemps surfé sur le nombre de jours qu’auraient duré les vacances et la non satisfaction des dispositions préalables à une reprise effective.
Battage médiatique sur les dispositions prises par le gouvernement pour une rentrée effective, négociations et dialogue, rien n’a été ignoré par le gouvernement et ses partenaires pour que l’école rouvre ses portes en ce jour.

Même si les cours n’ont pas encore repris partout, écoliers et enseignants ont retrouvé ce lundi, le chemin de l’école.

L’école béninoise a rouvert ses portes, mais rien ne garantit que les cours se poursuivront sans interruption jusqu’aux vacances fixées au mois de juillet 2018.

Dans son message de rentrée scolaire, M. Salimane Karimou , ministre des Enseignements maternel et primaire, exhorte les acteurs de l’école à accompagner les mesures entreprises par le gouvernement dans le secteur de l'éducation, notamment l'introduction de l'anglais au primaire à partir du Cours d'initiation (CI) et la relance des cantines gouvernementales dans 1574 écoles primaires publiques au profit de 351 109 écoliers.

Il les invite à la mobilisation pour le relèvement "des nombreux défis qui obstruent les vannes d'une éducation de qualité" et à faire mieux que les années antérieures en matière d'amélioration de leurs performances ».

" Un bond de vingt pas apparaît comme le minimum attendu de nous et nous rapprochera, une fois encore, de l'atteinte de l'Odd4", a souligné M. Karimou.

Bien qu’ayant appelé à la reprise, les syndicalistes ne démordent pas, ils mettent en garde le gouvernement pour le respect des engagements pris et invitent leurs collègues à rester vigilants pour réagir en cas de besoin.

Maxime Okoundé,  porte-parole du Front des trois ordres d’enseignement (qui recrute ses membres dans tous les secteurs de l’enseignement) fustige le relevé du conseil des ministres annonçant une série de mesures préparatoires de la rentrée chiffrées à plusieurs milliards F CFA.

«  A la lecture des diverses mesures proposées, il est à noter que ce sont essentiellement des mesures d’ordre administratif, matériel et financier qui relèvent des tâches régaliennes de l’Etat à la veille de chaque rentrée scolaire », a souligné M. Karimou.  

Tout en appréciant à sa juste valeur les efforts consentis par le gouvernement, le Front déplore le mode de versement des primes au compte-gouttes qui, pour un premier essai, aurait dû se faire de manière uniforme et d’un seul tenant dans toutes les structures financières domiciliaires des comptes des enseignants, le front déplore les ratés et dysfonctionnements ainsi notés au niveau de certaines structures financières.

En ce qui concerne l’interdiction des travaux dirigés dans les écoles publiques (autre décision du gouvernement), le Front suggère le recadrage et la définition d’un cadre règlementaire avec financement public ou privé afin de sauvegarder les vertus positives de l’activité au profit des pauvres qui ne peuvent s’offrir les privilèges et coûts prohibitifs pratiqués dans les établissements scolaires privés
  
Le front demande au gouvernement de « corriger sans délai les ratés observés dans le versement des primes de rentrée à tous les enseignants non encore satisfaits, et d’œuvrer pour un dialogue social franc, sincère, constructif et générateur de solutions consensuelles responsables et durables aux préoccupations exprimées et fondées sur le respect du printemps de bonne foi ».

Parents et élèves ne sont pas restés en marge de cette guéguerre entre gouvernement et enseignants. Si parents et enfants savourent, pour l’instant, la réouverture des portes de l’école, le malaise et l’incertitude demeurent, car rien ne garantit que l’année scolaire ira ,a son terme.
-0- PANA IT/BEH/SOC 18 sept2017


18 septembre 2017 20:38:37




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