Rencontre à Paris entre al-Sarraj et Haftar sous les auspices d'Emmanuel Macron

Tripoli, Libye (PANA) - Une rencontre au sommet est prévue, ce mardi après-midi à Paris, regroupant le président du Conseil présidentiel en Libye, Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar, chef des forces armées nationales libyennes basées à l'est du pays, sous les auspices du président français, Emmmanuel Macron, destinée à relancer le processus politique en vue d'une solution négociée à la crise qui secoue ce pays d'Afrique du Nord.

La rencontre à laquelle participe également le nouvel Emissaire spécial des Nations Unies en Libye, Ghassan Salamé, suscite un grand espoir chez les Libyens qui appréhendent ses résultats dans la quête d'une issue au chaos qui règne dans le pays depuis 7 ans.

Le président français a affiché ses ambitions pour cette rencontre, visant à réaliser "l'entente politique" entre les deux principaux protagonistes de la crise en Libye.

Des réunions préliminaires ont été tenues, lundi soir, entre les membres des délégations présentes à Paris, selon une source diplomatique libyenne, assurant que l'organisation d'élections générales en mars prochain, ainsi que le statut des forces armées nationales libyennes dirigées par Khalifa Haftar et la fourniture par le gouvernement d'union nationale des besoins aux régions de l'Est ont figuré au menu des discussions.

Les deux camps ont souligné aussi la nécessité d'épargner à la capitale libyenne, Tripoli, les affres de la guerre et de la débarrasser de toutes les armes et autres milices armées, étant donné qu'elle est la capitale de tous les Libyens.

Reconnu par la communauté internationale, le président du Conseil présidentiel libyen, Fayez al-Sarraj bien qu'il n'a pas réussi à pacifier le pays, notamment la région Ouest où Est censée exercer les compétences de son gouvernement d'union nationale, demeure un interlocuteur incontournable eu égard à l'appui dont il dispose des Nations Unies.

Dernièrement, il a proposé une feuille de route portant sur l'organisation d'élections présidentielles et législatives en mars 2018, un cessez-le-feu, la réconciliation nationale et le parachèvement de la rédaction consensuelle d'une Constitution pour le pays.

Haftar nommé et soutenu par le Parlement basé à l'est qui est aussi reconnu par la communauté internationale, dispose d'une grande influence sur cette institution législative paralysée depuis des mois en raison des divergences entre les députés divisés entre partisans et détracteurs de Haftar.

Khalifa Haftar, qui a vu son pouvoir se renforcer, contrôle toute la région de l'Est qui va de Ajdabia en passant par la région du Croissant pétrolier renfermant les plus gros gisements et installations d'exportation du brut en passant par Benghazi dont il a pris dernièrement le contrôle total jusqu'aux frontières avec l'Egypte à l'exception de la ville de Derna.

Une grande partie du Sud de la Libye et certaines zones de l'Ouest en particulier la région de Zenten sont affiliées au maréchal Khalifa Haftar.

Une situation qui lui donne un net avantage sur le terrain et le maréchal nourrit des ambitions pour réaliser une victoire militaire contre ses adversaires.

Une option que ne soutient pas une grande frange de Libyens, craignant pour le fort prix en vies humaines et notamment les conflits sociaux qui en découleront par la suite et alimenteront un esprit de vengeance pour de longues années affectant les générations futures.

La communauté internationale, les grandes puissances et l'Union européenne en raison de la proximité géographique avec la Libye œuvrent à trouver une solution à la crise libyenne.

Comme l'a dit Emmanuel Macron dans un communiqué publié, lundi, la France agit en collaboration avec ses partenaires "pour marquer son appui aux efforts pour trouver un compromis politique, sous l’égide des Nations Unies, qui réunisse sur une base inclusive l’ensemble des différents acteurs libyens".

"L’enjeu est de bâtir un Etat capable de répondre aux besoins fondamentaux des Libyens et doté d’une armée régulière unifiée sous l’autorité du pouvoir civil", a précisé le communiqué qui indique que: "c’est une nécessité pour le contrôle du territoire libyen et de ses frontières pour lutter contre les groupes terroristes et les trafics d’armes et de migrants, mais aussi en vue du retour à une vie institutionnelle stable".

En tous les cas, la clef de la solution se trouve entre les mains des Libyens ; il leur appartient de prendre en compte l'intérêt de leur pays et surtout les souffrances de leurs concitoyens qui ont vécu toutes les affres de la guerre avec son corollaire de privations et de drames.
-0- PANA BY/IS/BA 25juil2017  

25 juillet 2017 13:20:17




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