Remise en question de la responsabilité de l’échec scolaire au Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Une note du ministère de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique au Burundi suscite, ces derniers jours, un débat houleux au sujet des menaces de destitution de tous les directeurs des écoles primaires publiques et privées dont la moyenne aux évaluations nationales sera inférieure à 30% à la fin de cette année scolaire 2016-2017, prévue en juillet prochain.

C’est la première fois qu’un tel débat est ouvert au Burundi où les principaux syndicats d’enseignants se sont aussitôt montrés surpris par une décision qui, à leurs yeux, ignore une réalité plus complexe en matière d’échec scolaire.

Les milieux éducatifs burundais trouvent que la mesure ignore en grande partie d’autres contraintes, comme la motivation salariale des enseignants, la fuite des cerveaux, les budgets insuffisants de l’Education, les réformes parfois inadaptées, la pauvreté des ménages, le manque d’enseignants qualifiés et de matériel didactique suffisant, la crise de l’autorité enseignante et parentale, l’environnement socio-politique malsain, ou encore les classes souvent surpeuplées.

En dépit de tous ces arguments, la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mme Janvière Ndirahisha, ne semble pas prête à reculer sur sa mesure et maintient que les responsables des écoles sont redevables au premier chef de la réussite ou de l’échec scolaire, suivant la compétence de chacun.

Nommée première femme du pays au poste de ministre de l’Education nationale, en 2015, Mme Ndirahisha était avant, à la tête de l'Ecole normale supérieure (Ens) qui forme de futurs enseignants au Burundi.

La ministre menace encore de faire le ménage par la fermeture de toutes les écoles dont les résultats auront été inférieurs à 20% aux évaluations nationales, au terme de l’année scolaire 2016-2017.

Au niveau de l’Enseignement supérieur, l’autorité de la ministre actuelle de lEéducation était parvenue à imposer une précédente mesure controversée, portant suppression de la bourse d’études et de stages à l’unique université publique du Burundi, basée à Bujumbura, malgré une grève estudiantine de plus d’un mois.
-0- PANA FB/IS/IBA 30mai2017

30 mai 2017 13:46:53




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