Rawlings en campagne de sensibilisation contre le SIDA au Kenya

Nairobi- Kenya (PANA) -- L'ancien président ghanéen, Jerry John Rawlings, en tournée de sensibilisation contre le VIH/SIDA en Afrique, a sorti jeudi à Nairobi de sa veste un paquet de préservatifs pour montrer qu'il valait mieux prévenir que guérir.
"Les statistiques nous font faire des cauchemars.
Le nombre de personnes tuées dans les différents conflits sur le continent n'est nullement comparable à celui que nous avons perdu et que nous allons encore perdre avec ce fléau qui n'a pas de remède", a déclaré M.
Rawlings, ambassadeur des Nations Unies pour la promotion du volontariat, à son arrivée à l'aéroport international Jomo Kenyatta.
Selon lui, même si les médicaments devaient être mis à disposition des populations, ils ne pourraient pas satisfaire plus de 10 pour cent des personnes affectées sur le continent, ce qui fait de la prévention et de l'adoption d'un comportement responsable les meilleurs moyens de lutte contre la maladie.
Le VIH/SIDA est très difficile à éviter parce qu'il touche une partie "faible et irrésistible" de la vie des hommes, a-t-il dit, ajoutant que le meilleur conseil qu'il pourrait donner aux gens est qu'ils prennent volontairement sur eux-mêmes de faire le test de dépistage.
"Il est plus dangereux de ne pas vouloir savoir parce que si vous avez le virus, vous allez contribuer inconsciemment à sa propagation.
Vous allez faire souffrir votre famille, vos amis et vos partenaires avec qui vous avez des relations sexuelles et vice-versa".
"D'autre part, si vous avez le courage de faire le test et vous vous rendez compte que vous êtes séronégatif, à partir de ce moment-là, vous devriez savoir comment vous comporter dans la vie afin de ne pas être contaminé", a-t-il expliqué.
On estime qu'au Kenya 2,3 millions d'adultes vivent avec le VIH et quelque 700 personnes meurent tous les jours des infections liées au VIH.
Selon les dernières statistiques mondiales sur la pandémie, 67 pour cent des quelque 36 millions d'adultes et enfants dans le monde vivant avec le SIDA en 2000 vivent en Afrique subsaharienne où 3,6 millions de personnes sont, dit-on, infectées tous les ans.
"Trop de gens parmi nous n'attachent pas beaucoup d'importance à la pandémie.
Le VIH/SIDA a été découvert en Afrique à peu près au même moment qu'il l'a été dans les pays du Nord.
"Pourquoi s'est-il développé de manière exponentielle ici alors qu'il est en baisse dans les pays du Nord ? La réponse est humiliante et très douloureuse : certains d'entre nous ont été un peu trop irresponsables", a dit M.
Rawlings.
L'ancien numéro un ghanéen a fait savoir que le nombre de personnes infectées en Ethiopie était de plus de 700 par jour contre 200 au Ghana et 40 au Botswana.
Les Africains doivent commencer à accepter la réalité, a-t-il dit, prévenant que si le VIH/SIDA n'était pas traité avec le sérieux et l'urgence qu'il requiert, l'Afrique retournerait à une ère primitive et de sous-développement.
M.
Rawlings est arrivé à Nairobi en provenance d'Ethiopie pour une visite de trois jours destinée à promouvoir le volontariat et aider à combattre le VIH/SIDA et la paludisme.
Il doit quitter le Kenya dimanche pour la Tanzanie dans le cadre d'une mission similaire.
L'ancien chef de l'Etat ghanéen est l'une des quatre personnalités éminentes désignées par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, pour soutenir et renforcer le volontariat dans le monde durant l'année 2001, déclarée en 1997 par l'Assemblée générale des Nations Unies année internationale des volontaires.
Les autres personnalités sont le Prince Felipe d'Espagne, l'ancienne directrice du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Nafis Sadik, et le fondateur du Body Shop, Anita Roddik.

27 septembre 2001 20:43:00




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