RSF et la FIDH écrivent au Président ivoirien

Paris- France (PANA) -- Reporters Sans Frontières et la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme ont invité le Président Laurent Gbagbo à user de son influence, afin qu'un pourvoi en cassation de la décision acquittant les huit gendarmes inculpés dans l'affaire du charnier de Yopougon, puisse être introduit.
La demande est contenue dans une lettre ouverte envoyée ce jeudi, au Président Ivoirien.
La nouvelle démarche des deux organisations "dans le but de faire toute la lumière dans cette macabre affaire", s'appuie sur un nouvel élément.
RSF et la FIDH qui ont été informées de la présence en Europe des deux rescapés du charnier, se disent disposés à apporter une contribution à la recherche de la vérité en organisant une procédure de reconnaissance des photos des auteurs des massacres par une des victimes.
Cette dernière "a reconnu deux photos parmi les quarante qui lui étaient présentées, correspondant à deux gendarmes inculpés dans l'affaire du charnier, mais acquittés lors du verdict du 3 août dernier", peut-on lire dans cette lettre.
Robert Ménard et Sidiki Kaba qui dirigent respectivement RSF et la FIDH, rappellent que le 27 septembre dernier, leurs organisations ont communiqué les résultat de cette procédure au commissaire du gouvernement qui avait promis d'introduire un pourvoi en cassation de la décision du tribunal militaire.
Ils s'étonnent aujourd'hui, que cette décision n'ait pas encore été suivie d'effet, malgré plusieurs relances.
Pourtant rappellent ces deux organisations, le Premier Ministre Affi Nguessan avait déclaré plusieurs fois que son gouvernement "n'avait rien à cacher" et que "personne, pour quelque raison que ce soit, ne pourra bénéficier de l'impunité".
D'après les auteurs de la lettre, si la procédure devait en rester là, Laurent Gbagbo ne fera qu'accréditer la thèse faisant état de sa volonté de protéger les gendarmes qui l'auraient soutenu lors de son accession au pouvoir en octobre 2000.
"Nos deux organisations ne vous demandent pas de vous substituer à la justice ivoirienne, mais de donner un signal clair de votre volonté réelle de lutter contre l'impunité dans votre pays", dit la lettre à l'intention du Président Ivoirien.
Bien plus, lit-on encore, "en ces jours où vous tentez d'engager la Côte d'Ivoire sur la voie de la réconciliation, vous devez montrer votre bonne foi, non seulement à l'égard des acteurs politiques, mais également, à l'égard des populations meurtries par les événements violents qui ont marqué la Côte d'Ivoire ces derniers mois".
"La paix ne peut pas se décréter, elle se construit, et une justice équitable en est un élément indispensable" poursuivent les deux organisations.
RSF et la FIDH stigmatisent "la désinformation à laquelle se sont livrées les autorités judiciaires ivoiriennes" au sujet de cette affaire du charnier de Yopougon.
Cette attitude démontre plutôt "clairement, la volonté d'organiser un simulacre de procès davantage destiné à berner la communauté internationale qu'à faire la lumière sur les responsabilités engagées dans ce massacre.
" Le 3 août dernier, dès l'annonce du verdict du tribunal militaire qui reconnaissait "non coupables" les huit gendarmes inculpés dans cette affaire, les deux organisations avaient protesté contre cette décision ; estimant que le procès ne s'était pas déroulé dans des conditions justes et équitables.
De nombreux manquements avaient été relevés dans le déroulement de l'instruction, notamment l'absence de confrontation entre les gendarmes soupçonnés et les rescapés, ont regretté les deux organisations.

18 octobre 2001 17:13:00




xhtml CSS