RSF condamne la tentative d'enlèvement du défenseur de la liberté de la presse en RDC

Monrovia, Libéria (PANA) - Reporters sans frontières (RSF) a condamné une attaque perpétrée par des hommes armés au domicile de Tshivis Tshivuadi, le secrétaire général de l'ONG congolaise pour la liberté des médias, Journaliste en Danger (JED).

RSF a appelé mercredi les autorités de la République Démocratique du Congo (RDC) à enquêter "sans délai"sur "cet incident grave" survenu la semaine dernière.

Six hommes armés prétendant être membres de l'Agence nationale de renseignement (ANR) de la RDC ont tenté d'entrer trois fois dans la maison de Tshivuadi dans la nuit du 29 décembre.

Selon JED, qui est le partenaire de RSF en RDC, les hommes armés ont malmené un des gardes et ont menacé de le tuer s'il ne leur donnait pas l'emplacement actuel de Tshivuadi, qui n'était pas chez lui à ce moment-là.

JED a déclaré qu'il considérait l'incident comme une tentative d'enlèvement de Tshivuadi et a exhorté les autorités congolaises en charge de la sécurité à mener une enquête. JED a également indiqué qu'il prévoyait de porter plainte auprès des autorités judiciaires compétentes.

"Cette tentative d'enlever le chef d'une importante organisation de la société civile congolaise est inacceptable", a déclaré le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, dans un communiqué également diffusé à Monrovia.

"Une enquête rapide est nécessaire pour faire toute la lumière sur ce grave incident. Au lieu d'encourager un climat de méfiance à l'égard des médias et de porter des accusations contre ceux qui les défendent, les autorités ont le devoir de protéger les journalistes et de combattre l'impunité pour les crimes commis contre eux", a-t-il ajouté.

Dans un programme télévisé de fin d'année intitulé "Grand Oral 2017", Tshivuadi a accusé les autorités d'être à l'origine de 90% des cas de violence contre les journalistes, mentionnant la récente décision du vice-Premier ministre d'ordonner à la police de "saccager" le siège de RadioTélévision Kindu Maniema (RTKM), une chaîne de télévision locale dans la ville orientale de Kindu, dans la nuit du 6 décembre en réponse à un programme qu'il détestait.

L'hôte du programme, Mila Dipenge, a disparu depuis le raid.

JED pense que le gouvernement a été à l'écoute, même depuis la publication, début novembre, de son rapport annuel sur l'état de la liberté de la presse et de l'expression en RDC.

Le rapport a nommé plusieurs "ennemis de la presse", dont le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mendé.

La liberté de la presse est en baisse constante en RDC, classée 154ème sur 180 pays dans l'indice mondial de la liberté de la presse 2017 de RSF.
-0- PANA PTK/AR/MTA/TBM/SOC  03jan2018

03 janvier 2018 21:15:29




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