RFI consternée par la condamnation de Ahmed Baba, son correspondant au Cameroun

Paris, France (PANA) – Radio France internationale (RFI) est consternée par le verdict du tribunal militaire de Yaoundé qui a condamné lundi Ahmed Abba, son correspondant en langue haoussa au Cameroun, à 10 ans de prison ferme, estimant que ce verdict est "une mise en cause de la liberté d’informer et d’être informé".

"Au-delà de la condamnation d'Ahmed Abba, c'est la liberté d'informer et d'être informé qui est mise en cause. RFI en appelle à la mobilisation générale de tous ceux qui dans le monde se battent pour défendre ce droit fondamental", a déclaré lundi dans un communiqué la radio internationale dont le siège est à Paris.

Lundi 24 avril dernier, le juge du tribunal militaire de Yaoundé a rendu son verdict après une 18ème comparution et a condamné le journaliste à 10 ans d'emprisonnement ainsi qu'à une amende de 55 millions de FCFA (environ 85 000 euros).

Il s'agit de la peine minimale pour le motif de "blanchiment de produits du terrorisme" retenu contre lui. L'accusation d’"apologie du terrorisme" avait été écartée en raison des preuves irréfutables fournies par RFI se basant sur la présentation de la traduction de l'ensemble des productions d’Ahmed Abba sur son antenne en haoussa.

Lors de la précédente audience tenue le 20 avril, Ahmed Abba avait été reconnu non coupable d'apologie du terrorisme mais coupable de "non-dénonciation" et "blanchiment du produit d'un acte terroriste" avec une réquisition pour la prison à perpétuité pour cette dernière charge.

Ahmed Abba, arrêté le 30 juillet 2015 pour sa couverture des attaques du groupe terroriste Boko Haram, avait passé sept mois au secret durant lesquels il avait subi des sévices, avant d'être finalement présenté à un juge le 29 février 2016 malgré les demandes de libération sous caution de ses avocats systématiquement ignorées lors des 17 audiences de son procès.

"Les avocats d’Ahmed Abba ont fait appel de cette décision incompréhensible", a souligné RFI, avant d’ajouter que "alors qu'aucune preuve n'a été apportée au dossier, cette condamnation est celle d'un journaliste qui n'a fait qu'exercer son métier".

Pour rappel, les accusations de non-dénonciation se basent sur une visite d'une localité attaquée par Boko Haram que Ahmed Baba et les autorités locales ont découverte en même temps. Quant à l'accusation de "blanchiment du produit d'un acte terroriste", il n'est fondé que sur des éléments peu tangibles et datant de 2010.
-0- PANA  BM/TBM/SOC  25avril2017

25 avril 2017 20:50:23




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