RD Congo : Les personnes déplacées font face à des conditions de vie horribles, selon une ONG norvégienne

Kinshasa, RD Congo (PANA) - Une organisation humanitaire internationale a averti que les personnes déplacées par la violence dans la province du Tanganyika, à l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) sont confrontées à des conditions de vie épouvantables.

"Le Tanganyika est au bord d'une catastrophe mortelle. Son cocktail catastrophique est sur le point d'exploser", a prévenu Ulrika Blom, directrice-pays du Conseil norvégien pour les réfugiés (CNR) en RD Congo. "La province est une crise oubliée dans une crise oubliée".

Dans un communiqué publié mercredi, le CNR a indiqué que plus de 80% des personnes hébergées dans des sites de déplacement évalués au cours des deux dernières semaines au Tanganyika n'ont pas accès à l'eau potable, alors que trois personnes sur quatre n'ont pas accès aux latrines.

"Les familles que j'ai rencontrées dans la ville de Kalemie survivent dans des conditions sous-humaines. On m'a parlé d'un homme qui s'est noyé quand de fortes pluies ont inondé son abri sans toit. Beaucoup de parents dorment debout ou restent éveillés pour éviter le même sort. Il est inconcevable que les gens vivent comme ça", a ajouté Blom.

Le CNR a déclaré que plus d'un demi-million de personnes dans la province du Tanganyika - soit une personne sur cinq - ont fui leurs foyers à cause de la violence inter-communautaire au cours des 15 derniers mois. La majorité des familles se réfugie dans les zones de Kalemie et Nyunzu.

Elle a déclaré que l'évaluation a révélé que des milliers de familles ont peu ou pas d'abri dans les zones où elles ont fui, à l'exception d'une moustiquaire de base pour les protéger contre les éléments durs. Avec la saison des pluies bien avancée, les communautés sont confrontées à de réelles perspectives d'épidémies.

"La situation au Tanganyika est vraiment effroyable, mais personne n'en parle", a déclaré Mlle Blom. "La priorité numéro un est de fournir aux communautés des abris, de l'eau propre et des installations sanitaires. Ne pas répondre à ces besoins maintenant aura un effet domino mortel. Nous devons agir aujourd'hui, avant que nous soyons confrontés à des décès évitables".

Malgré les besoins immenses découverts par le CNR, les secteurs du logement, de l'eau et de l'assainissement en RD Congo sont financés à moins de 5%, une statistique choquante pour un pays dans lequel 8,5 millions de personnes ont besoin d'assistance.

Le CNR a déclaré qu'il effectuera une intervention d'urgence de deux mois à la suite de ses dernières conclusions d'évaluation et a exhorté les autres organisations d'aide à agir maintenant.

"Les Nations Unies ont activé leur plus grande urgence de niveau 3 en RD Congo, le 20 octobre. Cela met le pays au même niveau que l'Irak, la Syrie et le Yémen, les trois autres crises actuellement reconnues comme des urgences de niveau 3. C'est le mécanisme le plus fort qui peut être activé. Un L3 appelle une réponse plus forte, soutenue par une meilleure coordination et un financement d'urgence supplémentaire ; tout cela est nécessaire maintenant", a déclaré le CNR.
-0- PANA MA/MTA/IS/SOC 01nov2017

01 novembre 2017 17:30:56




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