Que l'opération hybride UA-ONU engendre la paix au Darfour

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Les Darfouriens, après une si longue attente, entrevoient enfin une fin possible à la crise sanglante qui mine leur région natale dans l'ouest du Soudan depuis bientôt quatre ans.
En jouant un de ses rôles principaux qui consiste à protéger les populations africaines de massacres systématiques, l'Union africaine (UA) n'est pas seulement sur le point d'amener à une réconciliation durable entre les groupes rivaux armés au Darfour, mais également de prendre des mesures coercitives plus puissantes contre les récalcitrants dans cette région.
Au sortir d'une série de consultations cruciales avec des délégations du gouvernement soudanais et des Nations unies le 12 juin 2007 au siège de l'UA, le commissaire à la Paix et à la Sécurité de l'UA, Saïd Djinnit, a déclaré: "nous avons terminé notre réunion sur une note très positive et aujourd'hui nous avons de très bonnes nouvelles à donner à la presse et au public".
Si elle avait été retransmise en direct au moment où il la faisait, cette déclaration de M.
Djinnit aurait pu plonger les Darfouriens dans l'excitation.
Même pour certains observateurs des cessez-le-feu et accords de paix ignorés sur le Darfour, les résultats de ces dernières séries de négociations impliquant l'UA et l'ONU, d'une part et les autorités soudanaises, de l'autre, vont bien au-delà des attentes.
Mais, selon M.
Djinnit, l'acceptation, par le Soudan, des propositions soumises conjointement par l'UA et l'ONU sur la mobilisation d'une opération hybride pour le maintien de la paix au Darfour est le résultat de l'esprit très constructif qui a présidé aux consultations techniques.
Il est sûr que cette démarche restera un grand pas pour la paix et le développement au Darfour à condition que la population locale, le gouvernement du Soudan et la communauté internationale en général coopèrent avec l'UA et l'ONU dans cette entreprise.
Déjà, les spécialistes des opérations de maintien de la paix internationales considèrent l'opération hybride proposée comme une étape importante de la coopération entre l'UA et l'ONU.
En commentant cette opération hybride, Alhaji M.
Sarjoh Bah, un spécialiste du Centre pour la coopération internationale (CIC) de l'Université de New York, a déclaré que les deux organisations devraient s'inspirer des leçons tirées à ce jour et passer des accords de coopération passés à un renforcement des capacités de planification, de financement et de soutien communes pour le maintien de la paix en Afrique.
Malgré un consensus politique relatif et les décisions unanimes du Conseil de paix et de sécurité de l'UA sur la crise au Darfour, son opération sur place -la Mission de l'UA au Soudan (AMIS)- n'a en fin de compte pas répondu aux attentes.
Selon des sources diplomatiques africaines à Addis-Abeba, certains Etats membres de l'UA, tout en exprimant un soutien moral à ces opérations, hésitent à déployer des troupes de maintien de la paix sous prétexte que ces opérations n'ont pas de mandat clair.
L'opération hybride va, par conséquent, permettre le déploiement de plus de troupes africaines au Darfour sous la bannière de l'ONU et soulagera énormément l'UA en termes de soutien financier et technique qu'elle a eu du mal à recueillir pour les plus de 7.
000 soldats de l'AMIS.
Pour l'opération hybride, une force de 17.
000 ou 19.
000 hommes, elle sera déployée au Darfour selon la disponibilité du transport aérien et terrestre.
Ces derniers temps, on a assisté au Darfour à une augmentation spectaculaire des embuscades contre le personnel de l'AMIS et de l'ONU, des incidents de vols de voiture avec agression, des enlèvements et des affrontements entre factions armées.
Le personnel de l'ONU au Darfour indique que certaines zones sont inaccessibles en raison des attaques, malgré le fait qu'elles sont sous le contrôle des signataires de l'Accord de paix sur le Darfour, conclu en mai 2006 à Abuja, au Nigeria.
Une opération de maintien de la paix hybride, comme l'a reconnu M.
Djinnit, est également une situation unique.
Même pour l'ONU ce sera la première expérience du genre en Afrique.
"Ce qu'il faut est que la confiance règne entre les acteurs concernés (dans le cadre de l'opération), a déclaré M.
Djinnit, qui s'est déclaré convaincu qu'une fois l'opération lancée, les parties seront en mesure de se faire davantage confiance dans le même esprit de coopération et de transparence.
Ce à quoi les Darfouriens aspirent le plus sur le terrain est non pas de voir des colonnes de troupes de l'ONU, des véhicules blindés et des camps militaires mais de retrouver la sérénité qui leur permettra de reconstruire leurs vies brisées.

14 juin 2007 11:35:00




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