Publication d’un rapport de la BAD pour l’autonomisation des femmes dans l’agriculture

Abidjan, Côte d’Ivoire (PANA) – La Banque Africaine de Développement a procédé jeudi au lancement de son rapport pour l’autonomisation des femmes dans le secteur agricole, produit par le bureau de l’envoyée spéciale pour le Genre et le département de l'Agriculture et de l’Agro-industrie.

Commentant la publication de ce rapport intitulé "L'autonomisation économique des femmes africaines grâce à la participation équitable aux chaînes de valeur agricoles", le président de la BAD, Donald Kaberuka, a noté qu’il prépare le terrain pour l'autonomisation des femmes, afin qu’elles prennent un rôle de premier plan dans le secteur de l'agriculture et dans les chaînes de valeur agricoles, au niveau régional comme au niveau mondial.

Pour l’envoyée spéciale de la BAD pour le Genre, Mme Géraldine Fraser-Moleketi, il faut résorber l’énorme écart dans les salaires et les rendements agricoles entre les hommes et les femmes, si l'Afrique veut parvenir à une transformation économique complète. Car, a-t-elle relevé, "les femmes africaines nourrissent le continent et peuvent aussi nourrir le monde".

En Côte d'Ivoire, par exemple, si la production cacaoyère concentre une main-d'œuvre à 68 pour cent féminine, seuls 21 pour cent des revenus générés vont aux femmes. De même, en Éthiopie, les femmes représentent 75 pour cent de la main-d'œuvre dans la production de café, mais ne perçoivent que 34 pour cent des revenus.

L'agriculture représente 25 pour cent environ du Produit Intérieur Brut (PIB) de l’Afrique et les femmes constituent près de la moitié de la main-d’œuvre de ce secteur en Afrique subsaharienne.

Sur l’ensemble du continent, l’agriculture est le tout premier employeur des femmes, concentrant 62 pour cent des femmes actives. Dans certains pays, comme le Rwanda, le Malawi et le Burkina Faso, elles sont plus de 90 pour cent à y travailler.

Le rapport identifie trois grands domaines d’action pour renforcer la productivité des Africaines et leur place dans la commercialisation de produits à forte valeur ajoutée.

D'abord, il faut, d’une part, augmenter le nombre d’agro-entrepreneurs à grande échelle, en leur fournissant un accès au financement et à la formation et en améliorant les liens entre les marchés régional et mondial.

Ensuite, il recommande de s’assurer que les femmes sont rémunérées, en en faisant des copropriétaires, en améliorant leur productivité et en les formant pour les doter des compétences de base en matière de gestion d’entreprise.

Enfin, il s’agit d’accroître l'accès des femmes aux marchés de niche, en produisant et en commercialisant des produits destinés aux femmes uniquement.
-0- PANA BAL/BEH/IBA  27août2015

27 août 2015 17:16:00




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