Projet de développement du marché financier de l'UEMOA

Lomé- Togo (PANA) -- «The Road to Hope» (Le chemin de l'espoir) est le nom donné au projet de développement du marché financier de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) par les promoteurs du projet au nombre desquels le président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), M.
Yayi Boni.
Selon le président de la BOAD, «ce projet permettra de faire du marché financier de l'UEMOA, un outil dynamique au service des efforts entrepris par les Etats, pour créer un environnement économique intégré, propre à assurer une croissance économique durable et à réduire la pauvreté».
Le projet de développement du marché financier de l'UEMOA dont le lancement a été effectif à l'issue d'un atelier les jeudi et vendredi 3 et 4 juin à Lomé, a un coût total s'élevant à 408 millions de dollars américains étalés sur cinq ans.
Il est cofinancé par l'Association Internationale de Développement (IDA), l'Agence Multilatérale de Développement (MIGA), l'Agence Française de Développement (AFD) et l'Agence Canadienne de Développement (ACDI).
Il vise à soutenir les efforts d'intégration économique des pays de l'UEMOA, à travers trois objectifs principaux : contribuer au développement du marché financier régional par la réalisation du plan d'action pour la relance de ce marché approuvé en décembre 2002 par le conseil des ministres de l'UEMOA et par le renforcement de la capacité institutionnelle des acteurs clés du marché financier de l'Union.
Le projet permettra également, de renforcer les moyens d'intervention de la BOAD en faveur des Etats, en mettant en place, au profit de la banque, une ligne de crédit de l'IDA en vue d'accroître sa contribution à la réalisation du programme d'actions communautaires des infrastructures et des transports routiers.
Il servira en outre, à promouvoir les investissements privés dans les pays membres de l'Union, grâce à la vulgarisation de nouveaux produits de garantie des risques politiques et commerciaux.
Les autorités publiques régionales voient dans ce projet, un instrument de promotion et de mise en oeuvre des objectifs clés du Nouveau partenariat pour le développement économique de l'Afrique (NEPAD), notamment en matière d'infrastructures, de partenariat secteur public-secteur privé et de marché financier régional.
Sur le plan de l'intégration des marchés financiers, le projet permettra d'améliorer le rendement de l'investissement, de réduire le coût du capital pour les entrepreneurs et d'attirer les investisseurs étrangers.
Il permettra également de multiplier les options financières offertes aux investisseurs.
Selon le chef du projet à la Banque Mondiale, M.
Noel Tshiani, «son institution, développe une stratégie s'appuyant sur la mise en place des systèmes bancaires viables et robustes susceptibles d'accompagner une bonne gestion macroéconomique et de servir de base à des systèmes financiers plus étendus et plus accessibles.
Il a noté que «l'un des risques importants encourus par le projet, est la persistance de la crise politique et de l'instabilité dans la sous-région, notamment en Côte d'Ivoire.
Il a fait observer que le marché financier régional comprend aujourd'hui 39 sociétés cotées, 19 lignes obligataires dont 4 emprunts d'Etat (Bénin (1), Burkina Faso (1) et Côte d'Ivoire (2) et que sur les 39 entreprises cotées, 37 sont ivoiriennes.
Les sièges de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières et du Conseil Régional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers se trouvent en Côte d'Ivoire pays qui contribue pour près de 40 pour cent à la formation du PIB de la sous-région.
L'atelier de lancement du projet a décidé d'une série de dispositions à prendre pour en faire un succès.
Il s'agit des facteurs liés à l'amélioration de l'environnement socio-politique, notamment le développement de la culture boursière et de la sensibilisation des acteurs dans la sous- région, la disponibilité et la diffusion de l'information relative aux activités du marché et portant sur ses acteurs ainsi que sur les entreprises actives sur la marché.
Il s'agit également de la réforme et la diversification des mécanismes de garantie qu'exige le développement du marché, la diversification du système financier et des produits offerts aux épargnants, le renforcement de la capacité d'expertise et du professionnalisme des acteurs du marché, la réalisation des programmes de privatisation par la canal du marché et la réduction des coûts élevés de transaction sur le marché.
Pour les promoteurs, ce projet est un projet pilote multidimentionnel, à la fois mobilisateur pour les bailleurs de fonds et les bénéficiaires et innovateurs pour ses possibilités.
Il peut être dupliqué dans d'autres régions du continent africain et du monde.
Ils ont fait remarquer que déjà, des demandes d'assistance reçues d'autres banques de développement en Afrique centrale, en Afrique de l'Est, en Afrique Australe et au niveau de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) témoignent de l'intérêt manifesté envers lui.
L'atelier a été organisé à l'initiative conjointe de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et de la Commission de l'UEMOA, de la BCEAO et du Conseil Régional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF).
Il a réuni des représentants des partenaires au développement et les agents économiques concernés.
L'UEMOA regroupe rappelle t-on, le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo et compte une populations 72 millions d'habitants.

08 june 2004 11:50:00




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