Présentation à Kinshasa d’un état des lieux désastreux des droits des femmes en RD Congo

Kinshasa, RD Congo (PANA) – Deux figures éminentes de la vie politique congolaise, Isabelle Tshombé et Eve  Bazaiba,  ont présenté vendredi à Kinshasa un état des lieux désastreux de la situation des droits de la femme en République démocratique du Congo (RD Congo).

Lors d’une table ronde sur la parité homme/femme, organisée à la veille du XIV ème Sommet de la Francophonie,  la sénatrice Eve Bazaiba et l’ancienne ministre Isabelle Tshombé ont souligné que dans leur pays les femmes ont le même statut juridique que les enfants mineurs.

Elles ne peuvent ni emprunter à des banques ni voyager seules,  ni même se faire établir des documents administratifs tels que le passeport sans une autorisation maritale.

« Moi qui vous parle, je suis sénatrice mais si je signe un document administratif, mon mari peut légalement le remettre en cause,  en arguant que je n’ai pas obtenu son autorisation.  Nous ne pouvons pas continuer de maintenir la femme congolaise dans ce statut juridique dévalorisant», a mis en garde Mme Bazaiba.

Pour elle, si la RD Congo en vient aujourd’hui à négocier le statut de pays pauvre très endetté (PPTE),  c’est en raison de la gestion «désastreuse du pays par les hommes» et de l’exclusion des femmes qui représentent la majorité de la population en RD Congo.

«Le niveau de développement actuel de la RD Congo est sans commune mesure avec ses potentialités. J’estime, pour ma part, que si nous en sommes encore là, c’est en  partie par la faute des hommes. Eux qui ont choisi d’exclure de la gestion du pays toutes les ressources humaines que représentent les femmes congolaises», s’est emportée la sénatrice congolaise.

Mme Tshombé, représentante personnelle du président Joseph Kabila au Conseil permanent de la Francophonie (CPF), a souligné, à son tour, la faible représentation des Congolaises dans les institutions publiques.

«Notre assemblée nationale compte 500 députés. Seuls 66 femmes y siègent ; j’estime que ce n’est pas assez. Le fait est là : de 1960 à nos jours, les femmes ont été très très peu associées à la gestion des affaires publiques», a regretté l’ancien Commissaire du gouvernement chargé de la Francophonie sous Laurent Désiré Kabila.

Les deux figures de la vie politique congolaise ont esquissé  des pistes pour améliorer les droits des femmes dans leur pays, exhortant le président Kabila à faire respecter les dispositions constitutionnelles en la matière.

Selon Mmes Bazaiba et Tshombé, un des meilleurs moyens d’encourager la parité homme/femme en politique est de refuser lors des élections les listes qui ne présentent pas autant de candidatures féminines que masculines.

«Nous devons aussi penser à exonérer de caution les listes qui respectent la parité homme/femme lors des différentes élections. Notre combat n’est pas dirigé contre les hommes. Il vise seulement à donner aux femmes congolaises la place qu’elles méritent», ont-elles encore dit.

Le respect des droits de la femme est largement revenu samedi lors de l’ouverture du XIV ème Sommet de la Francophonie qui a pour thème principal «Francophonie : enjeux économiques et environnementaux face à la gouvernance mondiale».

Le président français, François Hollande, un des huit orateurs de la cérémonie d’ouverture du sommet, a proposé que son pays accueille en 2013 le premier forum des femmes francophones.

-0- PANA SEI/SOC  13octobre2012

13 octobre 2012 21:16:18




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