Pour des engagements fermes en faveur de la santé de l'enfant

Charm el-Cheikh- Egypte (PANA) -- Les dirigeants africains devraient, dès le début de leur conférence ce lundi matin, prendre des engagements pour la mise en œuvre de nouvelles initiatives destinées à l'amélioration de la santé de l'enfant et aux efforts d'éradication du paludisme, a-t-on appris dimanche, à Charm el-Cheikh, de sources proches de l'Union africaine (UA).
Mme Bience Gawanas, commissaire de l'Union africaine pour les Affaires sociales, a expliqué que le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine devrait adopter une déclaration spéciale appelant l'Occident à permettre aux professionnels qui quittent le continent à la recherche de nouvelles opportunités économiques de jouir d'un traitement équitable.
A l'occasion de la rencontre de Charm el-Cheikh, un des sommets africains accordant une place privilégiée à la lutte contre la pauvreté, les dirigeants du continent devraient se préoccuper de questions touchant à la protection du bien-être des enfants du continent et à la situation des milliers de travailleurs de la Santé qui choisissent la voie de l'exil, tout en s'attaquent au problème que pose la fourniture de services d'approvisionnement en eau.
S'exprimant en marge de la rencontre ministérielle organisée pour préparer le sommet, dont l'ouverture était prévue dimanche, la lauréate du Prix Nobel de la Paix, Wangari Mathai, a appelé les dirigeants à donner la priorité à la protection des forêts, tout en critiquant l'approche “nourriture d'abord”, qui est aujourd'hui privilégiée en matière de protection de l'environnement et en vertu de laquelle la plupart des pays détruisent les forêts pour les transformer en terres agricoles.
“Si vous détruisez la nature, elle va riposter en se vengeant.
Elle ne s'occupera pas de savoir si vous ignoriez les conséquences de vos actes lorsque vous avez coupé tous les arbres et laissé les pluies drainer les sols fertiles vers les grands océans”, a déclaré la Prix Nobel de la Paix, dans un entretien accordé à la PANA.
Les dirigeants africains devraient prendre des mesures fermes pour garantir la protection de l'enfant africain, en surveillant la mise en oeuvre d'un nouvel accord historique sur la protection du bien-être de l'enfant.
Mme Gawanas, de la Namibie, qui pilotait les activités de la Commission dans le domaine des affaires sociales, a reconnu que les conditions étaient difficiles pour la majeure partie des femmes d'Afrique, en particulier lors des accouchements.
“Souvent, en Afrique, donner la vie signifie perdre la vie.
Nous demandons aux dirigeants africains de veiller à ce que les femmes ne meurent pas nécessairement en accouchant et de donner à l'enfant et au bien-être de l'enfant la place qu'ils méritent”, a encore fait valoir Mme Gawanas, s'adressant à la presse.
Les dirigeants africains, qui arrivent nombreux pour prendre part à ce sommet, dont les travaux seront lancés dans la station balnéaire de la Mer Rouge, Charm el-Cheikh, feront le point sur les avancées réalisées dans la mise en oeuvre de leurs engagements précédents aux termes du protocole sur les Droits et le Bien-être de l'Enfant, un texte censé garantir aux enfants africains des services de meilleure qualité.
Mme Gawanas a encore noté que les chefs d'Etat et de gouvernement vont également examiner le chemin parcouru dans la prise en charge d'autres maladies graves sur le continent, l'éradication du paludisme constituant, à cet égard, la priorité première.
Il est d'ailleurs envisagé la mise en oeuvre d'un plan accéléré à cet effet.
Elle a ensuite annoncé que les dirigeants du continent examinent la possibilité d'une série d'initiatives hardies, notamment la création de compagnies pharmaceutiques pour renforcer les efforts de lutte contre le paludisme par la mise à disposition des médicaments nécessaires.
"Nous voulons faire de la promotion du bien-être de l'enfant un thème central de ce sommet.
Nous ne pouvons ignorer les déterminants de la bonne santé comme l'eau et l'assainissement", a mentionné Mme Gawanas.
Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a, quant à lui, lancé la campagne à Charm el-Cheikh sur une note puissante, en affirmant que l'Afrique a la possibilité de faire du continent un espace débarrassé du paludisme par la création de ses propres compagnies de fabrication de produits pharmaceutiques afin de rendre disponibles les médicaments essentiels.
M.
Ping a affirmé qu'il sera certainement traité de rêveur, rappelant que même l'UA, qui est aujourd'hui une réalité, a autrefois été qualifiée de rêve, expliquant que l'on n'obtient que ce dont on a rêvé.
Il a ensuite confirmé que des efforts sont en cours pour doter le continent d'unités de fabrication de produits pharmaceutiques.
L'UA est disposée à apporter son appui à la matérialisation des engagements pris, par les Etats africains, dans le domaine de la santé maternelle, en particulier de la promesse d'augmenter à 15 pour cent la part du budget de la Santé dans les dépenses publiques afin de renforcer les moyens financiers consacrés à la prise en charge des problèmes qui se posent.

30 juin 2008 11:20:00




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