Porto-Novo abrite une conférence sur le patrimoine afro-brésilien

Porto Novo- Bénin (PANA) -- Une conférence internationale sur les aspects du patrimoine afro-brésilien dans le Golfe du Bénin, a démarré lundi ses travaux à Porto-Novo, capitale politique du Bénin.
Cette conférence, dont le thème est "Aguda : aspects du patrimoine afro-brésilien dans le Golfe du Bénin", rassemble des chercheurs, des responsables d'institutions culturelles et de fondations, des professionnels de la culture, des journalistes, des artistes et des descendants de la famille afro-brésilienne en provenance d'Afrique, d'Amérique et d'Europe.
Elle vise, indique-t-on, à faire le point sur les recherches récentes au sujet de la diaspora noire des deux côtés de l'Atlantique, à réfléchir sur le patrimoine afro-brésilien et à identifier les leviers en vue de sa sauvegarde et de sa promotion.
Elle doit également permettre de déboucher sur des programmes de recherche transatlantique et de tourisme culturel axés sur le patrimoine afro-brésilien.
La rencontre de Porto-Novo, dont la fin est prévue vendredi, sera marquée par un colloque, qui rassemble une cinquantaine de communications, et une exposition sur le thème : "Aguda : itinéraires et identités".
L'exposition, montée grâce à l'implication de la communauté afro- brésilienne du Bénin qui a prêté des objets familiaux, devrait attirer indique-t-on, environ 10.
000 visiteurs dont 5.
000 élèves.
Entre le 17è et le 19è siècle, le Golfe du Bénin a été la principale source de main-d'oeuvre servile à destination des Amériques.
Ce qui a valu à cette partie de la côte ouest-africaine la triste appellation de "Côte des esclaves".
Le Brésil, qui a reçu le plus grand nombre d'esclaves africains, a été la destination des originaires du Golfe du Bénin.
Les divers ports d'embarquement tels que Lagos et Badagry (Nigeria), Porto-Novo, Ouidah, Grand Popo et Agoué (Bénin) et Aného (Togo) ont servi également de points de débarquement pour ceux des anciens esclaves et de leurs descendants qui sont revenus au pays.
De fait, explique-t-on, ces villes côtières sont aujourd'hui l'illustration vivante du patrimoine brésilien sur la côte ouest-africaine.
Si les influences culturelles de cette région au Brésil font l'objet de nombreuses études, il n'en est pas encore de même de l'impact de ceux qui sont rentrés et qu'on appelle généralement "Brésiliens", "Afro-Brésiliens" ou "Aguda".
Cet aspect de la question mérite, fait-on observer, d'être examiné pour une meilleure compréhension de la diaspora africaine sur les deux rives de l'Atlantique.
Pour le recteur de l'Université nationale du Bénin, dont l'institution est coorganisatrice de la conférence, celle-ci constitue une occasion rêvée non seulement pour engager des débats de fond sur des questions d'importance scientifique, mais également pour développer des échanges culturels participant à la dynamique des sociétés.
Le ministre béninois de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Dorothée Sossa, a estimé, pour sa part, qu'au-delà du souvenir douloureux ou heureux, cette conférence gagnera à prospecter les possibilités de partenariat scientifique et culturel entre les peuples installés de part et d'autre de l'océan atlantique.

27 novembre 2001 14:13:00




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