Plus de 350 femmes ont subi des violences physiques en 2013 au Mali (ONU-Femmes)

Bamako, Mali (PANA) - Dans son rapport 2013, ONU-Femmes révèle que plus de 350 femmes ont subi des violences physiques au Mali et le double en 2014.

Cette révélation a été faite devant plus de 200 Maliennes qui ont pris part lundi à Bamako à une marche silencieuse contre la violence conjugale au Mali, à l’initiative du mouvement « Halte aux violences conjugales » (Hvc) créé au lendemain de la mort de Mme Fall Kamissa Sissoko, abattue à bout portant par son mari dans la nuit du 23 au 24 janvier dans le quartier de l’Aci 2000 à Hamdallaye (ouest de Bamako).

Regroupant les associations de défense des droits des femmes, les femmes parlementaires du Mali et les organisations de jeunes, la marche est partie du monument de l’Indépendance au Centre Aoua Keïta du nom de la première femme parlementaire du Mali, situé dans le quartier populaire de Ouolofobougou en Commune III du District de Bamako.

Les participants à la marche scandaient des slogans tels que « Hommage à Mariam et Kamissa et à toutes les anonymes mortes dans le silence », « chers parents, nos vies ne sont négociables. Non, aux violences conjugales », «Tapez sur le tam-tam, pas sur votre femme », « Autorités de l’Etat, ne démissionnez pas, brisons le silence ».

Dans une déclaration lue à cette occasion, le mouvement Hvc a exigé une tolérance zéro aux auteurs de tels crimes, un renforcement et application des lois en vigueur et une criminalisation des violences conjugales. Elle a aussi proposé l’institution de la date du 5 février comme Journée nationale de lutte contre le phénomène.

Selon une responsable de la marche, Bernadette Ippel, la violence conjugale s’exerce au sein du couple par l’un des conjoints sur l’autre. Le processus est systémique et évolutif, souvent qualifié de terrorisme conjugal. Elle a souligné les meurtres de Mariam Diallo le 5 février 2015 et de Kamissa Sissoko le 23 janvier 2016 par leurs conjoints armés.

Dans le rapport 2014 de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) sur la violence faite aux femmes, 30% de femmes à l’échelle mondiale sont victimes de violences de la part de leurs partenaires intimes. En Afrique, 36% des femmes sont violentées. La forte pression familiale et sociale oblige la femme à rester dans le foyer malgré de multiples cas de violences, encourageant certains partenaires à perdurer dans leurs actes, déplore le rapport.
-0- PANA GT/BEH/IBA 03fév2016

03 février 2016 16:21:05




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