Plus de 204.000 personnes expulsées cette année de leurs maisons à Mogadiscio, en Somalie

Mogadiscio, Somalie (PANA) - Cette année, plus de 204.000 personnes ont été évacuées de force de leurs maisons, soit près du double à la même période l’année dernière, de nombreuses personnes se retrouvant sans abri à plusieurs reprises, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC, sigle en anglais), une organisation humanitaire.

"Des dizaines de milliers de personnes qui ont fui la sécheresse et la violence sont de nouveau expulsées de chez elles, mais cette fois-ci, à la suite d'expulsions forcées. Beaucoup de ces familles ont été obligées de partir avec peu ou pas de préavis. Certaines ont été expulsées à plusieurs reprises, sans procédure régulière. Cela est injuste et viole leurs droits", a estimé la conseillère à l'information et à l'assistance juridique du NRC, Evelyn Aero.

Selon le NRC, la sécheresse et le conflit de l’année dernière, ainsi que les inondations d’avril, ont conduit à une migration massive vers les zones urbaines. Mais la situation des abris était déjà critique, avec des terres publiques limitées disponibles pour établir de nouvelles colonies.

Ainsi, de nombreuses personnes qui se sont retrouvées squatteuses sur des terres publiques ou privées ont été expulsées à Mogadiscio, en raison d’un boom de la construction. Les familles déplacées qui occupent des bâtiments publics délabrés risquent également d'être expulsées de force, car beaucoup sont en cours de reconstruction. La plupart des expulsions se font sans procédure régulière, y compris sans préavis.

Plus de 204 000 personnes ont été expulsées entre janvier et juillet, soit près du double des 122.000 personnes expulsées au cours de la même période l’année dernière, selon le sous-Comite sur la propriété foncière en Somalie. Cela a dépassé le total des expulsés pour l'ensemble de 2017.

Le NRC rapporte que Fadumo Noor, une femme enceinte, mère de quatre enfants, a été expulsée de quatre colonies de Mogadiscio. "C'est la pire expulsion que j'aie jamais connue. J'étais aux funérailles de mon oncle lorsque ma famille a été expulsée. Je suis rentrée à la maison et j'ai vu tous mes enfants dehors, tenant des éléments de notre abri et de nos biens. Nous n'avons reçu aucun avertissement préalable", a-t-elle témoigné.

De même, la famille de Halimo Sidow n’a pas eu le temps de faire ses bagages avant de partir. "J’ai dû faire face à deux expulsions auparavant, mais nous nous y attendions. Celle-ci-ci était inattendu et il est très difficile de composer avec. Je n’étais pas à la maison au moment de l’expulsion, je suis rentré pour voir mes enfants dans la rue". Halimo, un agriculteur avec huit enfants à Mogadiscio, avait fui la sécheresse à Lower Shabelle.

"Les autorités et les propriétaires somaliens doivent protéger les droits des citoyens à un logement et à un logement adéquat. Les familles déplacées ne devraient pas être forcées de quitter leurs abris sans savoir où aller. EIles doivent recevoir un préavis suffisant pour pouvoir déménager dans la dignité. Ces familles doivent être réinstallées dans des endroits où elles peuvent accéder à un abri décent et à une aide humanitaire. Nous exhortons également les donateurs internationaux à augmenter le financement des abris et du logement, afin que davantage de familles déplacées aient des foyers sécurisés", a déclaré Mme Aero du CNRC.

Bien que le gouvernement ait pris note de la crise et des mesures pour résoudre ce problème, des efforts supplémentaires sont nécessaires. Ces mesures incluent l'élaboration de politiques et de lois sur les terres, l'amélioration de l'accès à la terre pour les familles déplacées et le renforcement de la protection des personnes déplacées.
-0- PANA MA/JSG/SOC 29août2018

29 Agosto 2018 09:54:21




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