Piraterie et activités illicites en mer défient la stabilité et le développement du Golfe de Guinée

Dakar, Sénégal (PANA) - La réunion au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Ouest  les 24 et 25 juin à Yaoundé (Cameroun), pour déterminer les voies et moyens de combattre la piraterie et les activités illicites en mer, laisse augurer de l'importance de l'enjeu que constitue la sûreté et la sécurité maritimes dans le Golfe de Guinée.

Les richesses de toutes sortes que recèle cette région (minières, forestières, halieutiques, agricoles, etc.) offrent certes de réelles perspectives de développement, mais également  "semblent constituer son malheur, car attirant des pirates des temps modernes, de dangereux individus sans foi ni loi que leurs nombreuses victimes ne cessent de dénoncer depuis quelques années, du fait de leurs agissements multiformes", affirmait le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire et président en exercice de la CEDEAO, Alassane Ouattara, à l’ouverture du sommet.

En effet, en quatre ans, il a été enregistré un total de 197 attaques, dont 46 en 2009, 38 en 2010, 53 en 2011 et 60 en 2012. Le Nigeria arrive en tête avec 45% desdites attaques, suivi du Togo (25%), de la Côte d’Ivoire (8%), de la Guinée-Bissau (5%), de la Gambie et de la RD Congo (3%), enfin du Cameroun et de la Sierra Leone (2% des attaques).

Au total, 966 marins ont été victimes d’attaques en 2012, tandis que le coût des marchandises volées par les pirates est estimé entre 34 et 101 millions de dollars américains, toujours en 2012. Depuis le début de cette année, huit navires ont déjà été attaqués au large des côtes africaines en général et 31 dans le Golfe de Guinée.

La zone est importante pour sa biodiversité, avec une population qui vit à 70% sur les côtes. Elle attise la convoitise du fait de ses ressources naturelles, notamment le pétrole et le gaz, sans oublier ses immenses ressources halieutiques.

Les faits qui s’y déroulent de plus en plus sont la piraterie maritime avec des attaques en haute mer, détournements de navires, prises d’otages, demandes de rançon, trafics en tous genres (drogues, armes, etc.).

Un autre fléau non moins préoccupant est la pêche illicite. La menace à cet égard est représentée par ces grands chalutiers étrangers au continent dont les activités de pêche illicite, non réglementée et non déclarée ont des conséquences néfastes sur la pérennité des pêches (depuis les pêches industrielles en haute mer jusqu'aux pêches artisanales).

La Déclaration de Rome de 2005 sur la pêche illicite, non déclarée et non réglementée relève encore les graves conséquences de cette activité sur la conservation des ressources biologiques marines et de la biodiversité marine dans son ensemble, ainsi que sur les économies des pays en développement et sur leurs efforts visant à mettre en place une gestion durable des pêches.

Le Golfe de Guinée est aussi devenu une plaque tournante du trafic de drogues dures, celles produites par les narcotrafiquants d’Amérique latine à l’intention des consommateurs des autres continents, notamment d’Amérique du Nord et de l’Europe, sans oublier les migrations clandestines, un autre fléau ayant pour théâtre cette partie du monde et qui cause quasi quotidiennement la mort d’un nombre indéterminé de personnes en haute mer.

-0- PANA SSB/TBM/IBA  26juin2013


26 juin 2013 17:03:32




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