Ping défend la nomination de Mbeki comme médiateur en Côte d'Ivoire

Alger, Algérie (PANA)   - Le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, a défendu la nomination de l'ancien président sud-africain,Thabo Mbeki, comme médiateur de la crise politique en Côte d'Ivoire, estimant qu'il avait les meilleures chances de succès.

Certains qui sont opposés à la nomination de M. Mbeki ont estimé qu'en tant "qu'ami" du président sortant ivoirien Laurent Gbagbo, on ne pouvait lui faire confiance pour négocier un accord de paix dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, qui glisse vers une autre crise, M. Gbagbo et le candidat de l'opposition Alassane Ouattara revendiquant la victoire après le deuxième tour de l'élection présidentielle du 28 novembre.

M. Mbeki a été nommé médiateur principal de la crise politique déclenchée par le refus de M. Gbagbo de se retirer après que la commission électorale a annoncé la victoire de M. Ouattara.

  
Sur la base de l'annulation par le Conseil constitutionnel des résultats annoncés par la commission, M. Gbagbo a été investi pour un autre mandat. M. Ouattara a également prêté serment, ce qui a entraîné une crise constitutionnelle.

M. Ping a reconnu que la nomination de M. Mbeki était contestée, tout en soulignant que le Conseil de paix et de sécurité (CPS), un organe de l'UA, s'en était félicité.


"Je ne cacherais pas que certains s'interrogent sur notre nomination de M. Mbeki pour diriger les efforts de médiation en Côte d'Ivoire du fait que M. Mbeki est un ami de M. Gbagbo. Mais il a la confiance à la fois de Gbagbo et de Ouattara. Il a été bien reçu", a déclaré M. Ping.

Il a indiqué que les liens étroits de M. Mbeki avec les deux parties lui permettaient d'avoir leur confiance.

"Nous sommes face à une crise en Côte d'Ivoire. L'UA fait de son mieux pour sauvegarder la paix et nous sommes prêts à sauver la paix", a déclaré M. Ping a une réunion du Panel des Sages, un autre organe de l'UA, mis sur pied il y a trois ans pour diriger les efforts de prévention des conflits de l'Afrique.

Le Panel est réuni dans la capitale algérienne, Alger, pour discuter de sa stratégie sur trois années de prévention des conflits et de médiation de  la paix en Afrique.

M. Mbeki, qui est également arrivé à Alger où il doit s'adresser à une conférence internationale marquant le 50ème anniversaire de la Déclaration des Nations-unies sur la décolonisation de l'Afrique, a quitté Abidjan récemment sans qu'une avancée soit visible dans ses efforts de médiation.

Auparavant, les membres du Panel des Sages avaient rappelé  les efforts faits pour prévenir une aggravation de la crise en Côte d'Ivoire.

"Les négociations sur la Commission électorale étaient ouvertes et tous les efforts  concentrés sur ces dernières, mais personne n'a fait attention au Conseil constitutionnel. La Commission électorale a prouvé son indépendance, mais chacun a vu ce que le Conseil a fait", a déclaré une membre du Panel, la Béninoise Elisabeth K. Pognon.

L'ancien président zambien, Kenneth Kaunda, un militant international respecté de la lutte contre le VIH/SIDA qui a été nommé comme nouveau membre du Panel des Sages élargi - qui regroupe des personnalités africaines respectées - a déclaré qu'il était urgent de trouver des solutions aux conflits.

"Nous devons trouver des solutions à ces problèmes. Nous devons analyser les crises afin d'y trouver des solutions", a-t-il déclaré aux membres du Panel et spécialistes des conflits internationaux réunis à Alger.

L'UA doit renouveler le mandat de certains des membres du Panel tandis que d'autres doivent se retirer après un mandat de trois ans, qui prend fin à la mi-décembre.
-0- PANA AO/SEG/FJG/JSG/IBA 13déc2010

13 décembre 2010 09:58:05




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