Pas de salut en Afrique sans sursaut des intellectuels, selon l'UA

Dakar- Sénégal (PANA) -- Le sursaut des intellectuels du continent et de la diaspora est indispensable, pour permettre à l'Afrique de se forger une place respectable dans la communauté internationale, souligne la Commission de l'Union africaine, dans son rapport introductif de la conférence des intellectuels qui a débuté ce jeudi à Dakar.
"Il n'y a pas de salut en dehors d'un contrat entre le continent et son intelligentsia autochtone ou de la diaspora", estime la Commission, qui indique qu'il s'agit précisément du résultat recherché par la Conférence de Dakar, ce qui permettra de "transformer les idées en connaissance et la connaissance en pouvoir".
Selon l'UA, "un tel contrat devrait permettre une participation plus substantielle et mieux structurée des intellectuels à la conduite des affaires du continent et à la gestion de ses relations avec le monde, de générer un nouvel intérêt du politique pour l'intellectuel et d'asseoir, sur des bases solides, un nouveau partenariat entre ces deux catégories d'acteurs".
Le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, nourrit l'ambition de voir les intellectuels s'impliquer dans les questions importantes qui conditionnent le devenir du continent.
Autrement dit, souligne le rapport, "il faut que l'Afrique pense son développement à travers des lunettes et grilles qui lui soient propres, en faisant appel à ses cerveaux d'ici et d'ailleurs et en donnant la primauté aux intérêts de ses populations autochtones ou de la diaspora".
Pour cela, souligne-t-on à la Commission de l'UA, "il est impératif que les intellectuels d'Afrique et de la diaspora osent penser, osent parler et se fassent entendre".
Dans sa quête d'une renaissance de l'Afrique, l'UA trace la voie à suivre.
"Elle entend donner à l'intellectuel africain l'opportunité d'agir, de participer par le pouvoir de ses idées à la formulation/conceptualisation d'un projet qui devrait être aussi passionnant que le fut celui de la décolonisation".
Mais cette renaissance africaine doit changer de forme, car elle n'est pas seulement culturelle, mais aussi politique, économique et sociale.
"L'intégration dont il s'agit n'est plus celle des seuls Etats, mais celle des Etats et des peuples, non plus la seule intégration des Etats et peuples du continent mais aussi celle des diasporas, quelle que soit leur personnalité juridique, dans les territoires où elles se sont constituées", reconnaît l'UA.
Elle appelle à la rupture d'avec une certaine perception des intellectuels.
"Toute autre attitude, qui évoquerait un relâchement ou s'apparenterait à une démission des intellectuels serait paradoxale, car il existe aujourd'hui une élite intellectuelle africaine mondialisée, dont on doit pouvoir attendre une contribution plus importante pour penser un projet africain dans un monde qui change et dans lequel les conditions même de la pensée ont changé", explique l'UA.
Il s'y ajoute, selon l'organisation panafricaine, qu'une démission des intellectuels constituerait une menace sérieuse pour l'avenir, car "le développement endogène de l'Afrique, qu'il s'agit de promouvoir, se trouverait hypothéqué si les intellectuels venaient à faillir à leur mission historique qui consiste, entre autres, à mettre en relief et valoriser l'héritage culturel du continent".

07 octobre 2004 14:19:00




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