Pas de Mission européenne d'observation électorale au Togo

Bruxelles- Belgique (PANA) -- L'Union européenne ne déploiera pas une mission d'observation électorale au Togo pour suivre le scrutin présidentiel du 1er juin, indique une déclaration officielle publiée ce vendredi à Bruxelles.
La déclaration précise que l'Union européenne a pris cette décision à la suite du refus opposé par les autorités togolaises de recevoir une mission exploratoire européenne avant la tenue de l'élection présidentielle.
L'Union européenne tient à souligner dans cette déclaration "le rôle décisif" que jouent dans les scrutins les observateurs nationaux et internationaux indépendants.
Dans cette déclaration, l'Union rappelle les recommandations qu'elle avait adressées aux autorités togolaises, ainsi qu'à l'ensemble des partis de l'opposition, les invitant à veiller à ce que, lors de la prochaine élection, toutes les sensibilités politiques puissent s'exprimer, et que leur participation au scrutin puisse se faire dans les meilleures conditions possibles de transparence et d'indépendance.
Par ailleurs, l'Union européenne tient à exprimer ses préoccupations après l'arrestation des membres de l'Association des Chrétiens pour l'abolition de la torture au Togo (ACAT), accusés d'avoir transmis au Parlement européen un rapport sur la situation des droits de l'homme dans ce pays.
A cet égard, l'Union engage les autorités togolaises à mettre un terme aux incarcérations arbitraires des militants de l'opposition afin de favoriser la création d'un climat nécessaire à la tenue d'une élection démocratique.
L'UE demande au gouvernement togolais de faire la lumière sur le sort des militants de l'opposition qui sont détenus, et à garantir dans le pays l'exercice effectif de la liberté d'expression.
Elle invite en outre les autorités togolaises à faire en sorte que les défenseurs des doits de l'homme puissent mener leurs activités légales et légitimes, sans s'exposer à des intimidations et voir leurs activités entravées.
Une source diplomatique togolaise ajoute que Bruxelles avait conditionné le déploiement d'une mission d'observation au Togo au report de la date de la tenue de l'élection présidentielle.
Cette exigence avait été rejetée par Lomé qui a estimé qu'elle allait conduire à une vacance du pouvoir à la magistrature suprême, le mandat du Président Eyadema prenant fin, impérativement, dans le courant du mois de juin.
Le refus de l'Union européenne d'envoyer des observateurs au Togo n'est pas de bonne augure sur l'appréciation que Bruxelles fera du scrutin présidentiel togolais.
On rappelle que les observateurs européens avaient contesté les résultats de l'élection présidentielle togolaise de juin 1998.
Suite à cela, l'Union avait décidé de reconduire les sanctions contre le Togo.
L'UE a ainsi suspendu toute coopération structurelle avec le Togo depuis 1992, après les troubles graves qui avaient précédé les premières élections présidentielles multipartites ayant eu lieu dans ce pays, en 1993.
Pour les observateurs politiques à Bruxelles, il est clair que l'Union pratique une politique de deux poids deux mesures à l'endroit du Togo.
Ils en veulent pour preuve la déclaration plutôt conciliante à l'égard du Nigeria, alors que les observateurs électoraux européens avaient fait état de fraudes massives lors du scrutin présidentiel du 19 avril dans ce pays.
Le Groupe ACP devrait faire valoir cette attitude plutôt modérée de l'Union européenne à l'endroit du Nigeria, alors que des fraudes massives ont été constatées, pour demander à l'UE de faire preuve de la même modération à l'égard du Togo et de lever, au moins partiellement, les sanctions contre ce pays.
Les sanctions, qui durent depuis plus de 10 ans, ont des effets néfastes sur les populations, sans compter le décalage du niveau de développement entre le Togo et les pays voisins qui, eux, continuent de bénéficier de la coopération avec l'Union européenne.
L'application des sanctions devrait être revue afin que les secteurs vitaux du pays comme la Santé et l'Education, ainsi que certaines infrastructures continuent de bénéficier de l'aide financière de l'Union européenne.
A défaut de recevoir les observateurs électoraux européens, le Togo a fait appel à des observateurs ACP qui, eux, seront déployés dans le pays pour suivre le scrutin présidentiel du 1er juin.

16 mai 2003 12:34:00




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