Ouverture des pourparlers sur le Darfour: Obasanjo met en garde

  Abuja- Nigeria (PANA) -- Le septième round des pourparlers de paix sur le Darfour s'est ouvert mardi à Abuja, la capitale du Nigeria, sur un message du chef de l'Etat, le président Olusegun Obasanjo, qui a prévenu que le Nigeria pourrait refuser d'accueillir de nouveaux pourparlers si un accord n'est pas conclu dans les meilleurs délais.
Dans un message lu par le ministre des Affaires étrangères, Oluyemi Adeniji, à l'ouverture des travaux de la session, le président Obasanjo regrette la lenteur des avancées enregistrées au cours des sessions précédentes, ainsi que les souffrances infligées aux populations civiles du Darfour, du fait de l'absence d'un accord général.
"C'est toujours un honneur pour le Nigeria d'accueillir ces pourparlers.
Mais il s'agit d'un honneur dont nous ne souhaitons pas bénéficier longtemps.
En conséquence, je vous prie d'essayer de conclure un accord dès que possible et de tenter de faire en sorte que la présente série de pourparlers soit la dernière", a-t-il affirmé.
   "C'est bientôt la fin de l'année et c'est aussi pour nous, la période des cadeaux et autres bienfaits.
Le meilleur cadeau que vous pourriez faire aux populations du Darfour en cette fin d'année, serait le cadeau de la paix", a expliqué le président Obasanjo, qui est par ailleurs président en exercice de l'Union africaine (UA) et médiateur pour le conflit du Darfour.
Le président Obasanjo a également exhorté toutes les parties à respecter les droits des civils dans un conflit qui a chassé plus de deux millions de personnes de leurs maisons et causé plus de 180.
000 décès.
   "Il faut donner la priorité aux problèmes que vivent les citoyens ordinaires du Darfour qui supportent tout le poids du conflit", a-t- il encore relevé.
La présente série de pourparlers qui commence avec une semaine de retard en raison de la crise interne que vit l'un des deux groupes rebelles, prendra en charge des questions liées au partage du pouvoir et des richesses, ainsi qu'aux arrangements en matière de sécurité.
   Pour le médiateur en chef de l'UA, Salim Ahmed Salim, le processus de paix du Darfour est aujourd'hui entré dans une phase cruciale et décisive.
   "Le moment de vérité est réellement arrivé pour tous les Soudanais réunis dans cette enceinte.
Nous ne pouvons plus éviter de faire face à la réalité, en prétendant qu'elle n'existe pas", a prévenu M.
Salim.
Les médiateurs de ces pourparlers ont promis d'adopter une approche plus "pratique" pour ce qui concerne la présente série de négociations, en envisageant de tenir des séances-marathon et même, en cas de nécessité, des séances de nuit.
   "Je demande instamment aux parties impliquées, d'aborder la présente série de négociations avec le plus grand sérieux, avec un sentiment d'urgence et une détermination sans faille", a indiqué M.
Salim.
Le principal groupe rebelle, le Mouvement/Armée de Libération du Soudan qui est actuellement en proie à une crise interne, a réussi à aplanir ses différends, du moins pour l'instant, en envoyant une délégation commune pour représenter les deux groupes rivaux.
Ahmed Lissan Tugod du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM), qui s'exprimait au nom des groupes rebelles, a affirmé qu'ils étaient plus unis qu'auparavant, pour défendre une position commune sur les questions soumises à négociation.
   "Les deux mouvements travaillent ensemble et nous nous sommes entendus sur une position commune sur toutes les questions", a-t-il mentionné.
   "Nous souhaitons insister sur le fait que le programme de paix adopté à Abuja est le seul programme susceptible de régler la crise du Darfour", a ajouté M.
Tugod.
Pour sa part, Jan Pronk, représentant du secrétaire général des Nations Unies, a également fait part de son désir de voir les pourparlers arriver à leur terme.
   "Nous espérons que nous assistons à la dernière série de pourparlers car nous n'accepterons pas une invitation à prendre part à une 8ème série", a-t-il prévenu.
Il a également critiqué la poursuite des attaques contre les populations civiles, notant que "les attaques contre les populations continuent et il nous faut en parler dans nos rapports au Conseil de Sécurité.
   "Les populations continuent d'être persécutées et le nombre de personnes tuées est en hausse.
Les chiffres avaient baissé au milieu de l'année, mais ils ont recommencé à grimper", a indiqué M.
Pronk, accusant les membres des milices djandjawids d'être responsables de la majeure partie des ces attaques.

30 novembre 2005 18:52:00




xhtml CSS