Ouverture à Bamako d'une réunion des experts préparatoire de la conférence régionale sur la situation sécuritaire dans le Sahel et en Afrique de l'Ouest

Bamako, Mali (PANA) - Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a ouvert, ce jeudi à Bamako, la réunion des experts sur la situation sécuritaire en Afrique de l'Ouest, prélude à la conférence régionale sur la sécurité dans l'espace Sahel et Cedeao, a constaté la PANA sur place.

« Cette réunion intervient dans le sillage de la recrudescence de l’insécurité dans la région Sahélo-sahélienne, préoccupante, consécutive aux défis liés à la situation en Libye et à la dimension transnationale du terrorisme ainsi qu’au glissement progressif et préoccupant de l’insécurité et du terrorisme vers les côtes ouest africaines, déjà exposées à la piraterie et à la criminalité transnationale organisés », a indiqué le ministre.

Des actions et initiatives urgentes doivent être menées pour circonscrire le périmètre de la menace et venir à bout du terrorisme et du crime transnational organisé en les éradiquant dans l’espace Cedeao et sahélien, a ajouté M.Diop qui se réjouit de la mobilisation générale de l’Union africaine, des Communautés économiques régionales, des mécanismes sous- régionaux et de la Communauté internationale, en vue d’adapter leur riposte à la nature des menaces, et affirmer leur engagement dans la prise en charge des défis nés du déficit de sécurité.

Auparavant, le commissaire chargé des questions macro-économiques de la Cedeao,  Mamadou Traoré, s’exprimant en lieu et place du commissaire aux Affaires politiques, paix et sécurité, empêché, a estimé, (citant en exemple Al Qaida) que la mondialisation et la nature transnationale des réseaux criminels contemporains ont contribué à la propagation du terrorisme dans la sous-région ouest-africaine.

M.Traoré énumère les éléments qui témoignent de la vulnérabilité de l’Afrique de l’Ouest, notamment la présence de groupes religieux extrémistes violents et d’organisations terroristes internationales, la persistance des conflits sociaux insolubles, le taux élevé de criminalité urbaine et de criminalité organisée comprenant la piraterie, le trafic de drogues, d’armes et d’êtres humains, et le développement du marché noir des ressources naturelles, notamment des diamants qui constituent une des sources de financement du terrorisme ainsi que la pauvreté, le chômage des jeunes et les inégalités.

La Cedeao constituée de 15 Etats est créée dans le but de promouvoir la coopération entre ses membres et renforcer leur intégration. Cette communauté ne pouvait pas rester en marge de la dynamique de mutualisations des moyens et des efforts des Etats pour mener la lutte contre ces phénomènes, a souligné M. Traoré, évoquant au passage le soutien constant et résolu de la Commission de la Cedeao en ce qui concerne les initiatives développées en vue de la paix et de la sécurité en Afrique de l’Ouest.

La tenue d’une conférence régionale sur la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest et du Sahel a été recommandée par les chefs d’Etat de la Cedeao lors de leurs 50ème et 51ème sessions, respectivement à Abuja en décembre 2016, et à Monrovia en juin 2017. Elle s’est ainsi engagée à conduire sur les efforts de coordination, les impératifs de mutualisation et la nécessité d’adapter les réponses à l’ampleur et à la nature des défis.

Au cours de la réunion, les experts vont évaluer la situation sécuritaire dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest, dans le but de déterminer les voies et moyens idoines pour assurer la neutralisation des organisations criminelles.

Pendant deux jours, ils auront à échanger et analyser les menaces et les groupes dans l’espace sahélo-saharien et en Afrique de l’Ouest, les stratégies et mécanismes de lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière dans la Sahel et en Afrique de l’Ouest.

Ils vont élaborer, à la suite des analyses, des éléments d’une stratégie régionale de lutte coordonnée contre les groupes terroristes et extrémistes, le crime transnational organisé, le narcotrafic et le trafic humain. Ils vont également élaborer une plateforme collaborative de mise en cohérence des diverses initiatives et expériences en matière de lutte contre le terrorisme, les criminalité transnationale organisée, la narcotrafic et le trafic d’êtres humains dans l’espace Cedeao.

Les experts comprenant les représentants de la Cedeao, des ministères en charge de la Sécurité et de la Défense des pays de la Cedeao et du Sahel, des organisations régionales et sous-régionales, de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali) et de la Communauté internationale, vont élaborer, à l’issue de leurs travaux, une déclaration dite déclaration de Bamako sur la stratégie régionale intégrative de lutte contre les menaces sécuritaires dans l’espace sahélo-saharien et en Afrique de l’Ouest.

Samedi, s’ouvrira la conférence ministérielle qui sera présidée par le président malien Ibrahim Boubacar Kéita et son homologue togolais, président en exercice de la Cedeao, Faure Gnassingbé, en présence du chef de l’Etat guinéen Alpha Condé, président en exercice de l’Union Africaine.
-0– PANA GT/BEH/IBA 12oct2017  

12 octobre 2017 14:21:19




xhtml CSS